Lavie aux champs. Le soir, à la campagne, on sort, on se promÚne, Le pauvre dans son champ, le riche en son domaine ; Moi, je vais devant moi ; le poÚte en tout lieu. Se sent chez lui, sentant qu'il est partout chez Dieu. Je vais volontiers seul. Je médite ou j'écoute.
VoilĂ les Villages illusoires dâĂmile Verhaeren rééditĂ©s dans la collection Espace Nord. OĂč lâon se prend Ă penser que la poĂ©sie est vivante ! Les amateurs dâĂmile Verhaeren le savent trouver ses Ćuvres requiert de lâentraĂźnement et de la patience. Il arrive parfois quâon dĂ©niche, Ă force dâerrance au milieu des dĂ©dales dâĂ©tagĂšres dĂ©bordant de vieux bouquins, une de ces Ă©ditions Mercure de France au beau papier jauni et effritĂ©, et notre cĆur fait un grand bond, nous tenons entre nos mains un trĂ©sor, relique dâune autre Ă©poque, petit Eldorado imprimĂ© ! Quelle joie alors dâapprendre quâEspace Nord sâest enfin dĂ©cidĂ© Ă publier un recueil du maĂźtre. Les Villages illusoires rejoignent ainsi les Campagnes hallucinĂ©es et les Villes tentaculaires disponibles, elles, dans la belle collection de poĂ©sie blanche », en format poche, de Gallimard. Il suffit dâĂ©carter les pages de lâouvrage pour dĂ©couvrir, ou redĂ©couvrir, quâune fois de plus la magie opĂšre, comme si le siĂšcle qui nous sĂ©pare de lâauteur et de ses Ă©crits nâexistait pas, comme si Verhaeren avait couchĂ© par Ă©crit le Passeur dâeau » il y a quelque temps seulement Le passeur dâeau, avec la rame survivante, Se prit Ă travailler si fort Que tout son corps craqua dâefforts Et que son cĆur trembla de fiĂšre et dâĂ©pouvante. Dâun coup brusque, le gouvernail cassa Et le courent chassa Ce haillon morne, vers la mer. Les fenĂȘtres, sur le rivage, Comme des yeux grands et fiĂ©vreux Et les cadrans des tours, ces veuves Droites, de mille en mille, au bord des fleuves, Fixaient, obstinĂ©ment, Cet homme fou, en son entĂȘtement, Ă prolonger son fol voyage. Celle lĂ -bas qui le hĂ©lait Dans les brumes hurlait, hurlait La tĂȘte effrayamment tendue Vers lâinconnu de lâĂ©tendue. page 128 Ă lire Verhaeren, on se prend Ă penser que la poĂ©sie est vivante. Oui, vivante » est bien le bon mot. Elle existe parce quâelle parvient Ă vivre Ă travers son lecteur, Ă toucher son ĂȘtre et Ă faire Ă©voluer son rapport Ă lâexistence. La tension du passeur dâeau », lâĂ©nergie monumentale quâil dĂ©ploie Ă ramer contre le fleuve, se projette et nous habite. De la trame narrative naĂźt lâallĂ©gorie de lutte Ă©ternelle de lâhumain contre lui-mĂȘme et contre le monde. Et pourquoi pas de notre lutte, Ă nous, contre le monde ? AprĂšs tout, est-on si diffĂ©rents des individus que Verhaeren connaissait ou quâil croisait simplement dans une rue ou sur un chemin ? Ămile Verhaeren par Georges Tribout. © MusĂ©e Verhaeren, Sint-Amands David Scheinert remarquait en 1964 dans ses Ăcrivains belges devant la rĂ©alitĂ© De Coster, Eekhoud, Lemonnier et Verhaeren Ă©taient des hommes enracinĂ©s, inspirĂ©s par leur terre et leur peuple. Ils ne concevaient pas de littĂ©rature dĂ©tachĂ©e de la rĂ©alitĂ© gĂ©ographique et ethnique qui leur Ă©tait familiĂšre. Ils nâĂ©taient pas indiffĂ©rents non plus Ă la rĂ©alitĂ© sociale. La vie quotidienne de leurs contemporains se reflĂ©tait dans leurs livres. [âŠ] Ils nâattribuaient point la beautĂ© dâun poĂšme ou dâun roman Ă lâindiffĂ©rence de lâĂ©crivain devant les travaux, les soucis, les combats et les espoirs de ses frĂšres humains. Les rapports quâils entretenaient avec la rĂ©alitĂ© avaient la valeur dâun Ă©change souvent harmonieux. » page 10, La Renaissance du livre. Peut-ĂȘtre est-ce pour cela que cette poĂ©sie nous parle encore, parce quâelle porte en elle un fragment de la vĂ©ritĂ© de son Ă©poque. On entend, en la lisant, lâĂ©cho des vies passĂ©es, de toutes les luttes, des conflits, des joies, des tristesses⊠On a presque le sentiment de vivre, le temps de quelques strophes, dans une autre rĂ©alitĂ©, mĂ©lange du passĂ© et du prĂ©sent. Mais si Verhaeren peut toucher viscĂ©ralement le lecteur contemporain, câest avant tout parce quâil parle Ă son ĂȘtre contemporain, aux problĂšmes existentiels, politiques ou artistiques contemporains. La fonction de ses vers nâest pas de refaire poĂ©tiquement lâhistoire, ni non plus dâexemplifier lâhistoire littĂ©raire ; ils existent pour ĂȘtre poĂ©sie, dans le sens plein du mot. Et câest parce que Verhaeren avait cette acuitĂ© des Ă©crivains de gĂ©nie, ce quâon a longtemps qualifiĂ© dâĂ©criture dâuniversaliste » et quâon pourrait appeler aujourdâhui une volontĂ© de dialoguer avec lâĂ©ternitĂ© et lâhumain, quâelle est toujours aussi brĂ»lante, quâelle enflamme toujours autant lâesprit et les sens ; que ses messages parviennent Ă survire Ă leurs contextes. Il suffit de jeter un Ćil Ă la fin du poĂšme le Forgeron » pour sâen convaincre Le forgeron dont lâespoir ne dĂ©vie Vers les doutes ni les affres, jamais Voit, devant lui, comme sâils Ă©taient, Ces temps, oĂč fixement les plus simples Ă©thiques Diront lâhumanitĂ© paisible et harmonique Lâhomme ne sera plus, pour lâhomme, un loup rĂŽdant Qui nâaffirme son droit quâĂ coup de dents ; Lâamour dont la puissance encore est inconnue, Dans sa profondeur douce et sa charitĂ© nue, Ira porter la joie Ă©gale aux rĂ©signĂ©s ; Les sacs ventrus de lâor seront saignĂ©s, Un soir dâardente et large Ă©quitĂ© rouge ; DisparaĂźtrons palais, banques, comptoirs et bouges ; Tout sera simple et clair, quand lâorgueil sera mort, Quand lâhomme, au lieu de croire Ă lâĂ©goĂŻste effort, Qui sâĂ©ternisait, en une Ăąme immortelle, Dispensera, vers tous, sa vie accidentelle ; Des paroles, quâaucun livre se fait prĂ©voir, DĂ©brouilleront ce qui paraĂźt complexe et noir ; Le faible aura sa part dans lâexistence entiĂšre, Il aimera son sort â et la matiĂšre Confessera peut-ĂȘtre, alors, ce qui fut Dieu. page 182 La puissance utopique de ce passage Ă©clate sans quâon ait besoin dâentrer dans une querelle idĂ©ologique. Ce qui est contenu dans ce poĂšme, câest la naissance dâun monde autre, câest aussi lâaptitude Ă imaginer ce monde autre Ă partir de celui que nous connaissons. Cette poĂ©sie parle, raconte, narre et transmet une partie de son pouvoir de transformation de la rĂ©alitĂ©, dâabord dans les mots, ensuite dans lâesprit, enfin dans le monde. Werner Lambersy a parfaitement raison, dans sa prĂ©face littĂ©raire Ă lâouvrage, quand il fait remarquer de Verhaeren quâil gĂ©nĂšre, quâil est genĂšse, quâil crĂ©e ». Oui, il fait de la poĂ©sie un vecteur dâespoir, du renouveau, du rĂȘve ; elle devient prĂ©cisĂ©ment poĂ©sie poĂĂȘsis, action de crĂ©er, dâĆuvrer, insufflant dans lâimaginaire du lecteur un mouvement, de nouvelles possibilitĂ©s, de nouveaux horizons. Le rapport au temps, du passĂ© au futur, dans lâoptique de projet est mĂȘme explicitement prĂ©sent au sein du recueil, dans le poĂšme les Cordiers » Les horizons ? â ils sont lĂ -bas Lueurs, Ă©veils, espoirs, combats, Les horizons quâil voit se dĂ©finir, En espĂ©rance dâavenirs, Par au-delĂ les plages Que dessinent les soirs, dans les nuages. page 176 Ma lecture nâa bien sĂ»r rien dâexclusif, le propre dâune poĂ©sie est aussi la rĂ©appropriation, la recrĂ©ation Ă partir de la crĂ©ation. Sans aucun doute, Verhaeren peut aussi toucher spirituellement dans son rapport Ă lâinfini, pour ses descriptions vertigineuses de la pluie », la neige », du silence » et du vent ». Il peut aussi toucher lâinstinct littĂ©raire, avec son jeu perpĂ©tuel avec les codes et les conventions. Christian Berg, dans sa postface, note quâil torture la langue, on pourrait dire aussi quâil lui forge de nouvelles armes. Les rĂ©pĂ©tions, les nĂ©ologismes ou encore la libertĂ© des vers sont autant de traits caractĂ©ristiques de sa poĂ©sie qui ouvrent des portes aux versificateurs actuels et qui lui donnent son caractĂšre si unique â je ne rĂ©siste pas au plaisir de partager ce dernier extrait dâ Inconscience », bonne exemple de rĂ©pĂ©titions hĂ©rĂ©tiques » LâĂąme et le cĆur si las des jours, si las des voix Si las de rien, si las de tout, lâĂąme salie ; Quand je suis seul, le soir, soudainement, parfois, Je sens pleurer sur moi lâĆil blanc de la folie. Celui, si triste hĂ©las ! qui sâen alla, lĂ -bas, â PĂąle Ćil dĂ©chantĂ© de la raison mĂ©chante â RĂȘver Ă quelque chose, au loin, quâon ne voit pas Ă quelque chose au loin qui tremble et pleur et chante. Morne crapaud blotti sous les roses, tout seul ! Si seul ! â morne crapaud pleureur de lune, appelle ! Appelle ! Et vous, petites fleurs, pour le linceul De mon cerveau, lâensevelisseuse vient-elle ? » page 48 Le style si spĂ©cifique de Verhaeren nous rappelle Ă©galement que la poĂ©sie fonctionne sur le jeu du rythme, du sens et des images, et quâelle ne peut pas demeurer figĂ©e dans le papier, sinon elle meurt et elle devient muette. Chacun de ses poĂšmes sâest rĂ©incarnĂ©, depuis le XIXe siĂšcle, dans lâesprit de ses lecteurs, ils ont connu mille vies diffĂ©rentes, ils se sont reflĂ©tĂ©s mille fois dans des regards qui ne cherchaient pas les mĂȘmes rĂ©ponses. Câest aussi pour cela que la poĂ©sie est vivante, pour sa capacitĂ© Ă parler au lecteur, Ă engager avec lui une conversation, Ă lui donner en quelque sorte une nouvelle voix intĂ©rieure. Que la poĂ©sie soit exigeante, quâelle demande un vĂ©ritable exercice aux jeunes esprits pour savoir la comprendre et lâapprĂ©cier, câest une Ă©vidence ; mais cet exercice doit intĂ©grer sa dimension vitale et chaude. Sâil la tait, la poĂ©sie ne touchera que la raison froide de ses lecteurs, elle nâĂ©veillera aucune passion, aucun sentiment fort et, pour finir, elle ne sâancrera pas comme un besoin essentiel, au mĂȘme titre que lâeau ou la nourriture. Simone Weil ne disait-elle pas que le peuple Ă besoin de poĂ©sie comme de pain » ? InterprĂ©tĂ©e dans une dĂ©marche purement intellectuelle, laissĂ©e en partage Ă lâanalyse, elle ne pourra pas bouleverser la conscience et participer Ă la construction dâun autre rapport au monde et Ă soi-mĂȘme. Choix de textes et postface de Christian Berg Et câest peut-ĂȘtre une chose quâon peut reprocher Ă cette Ă©dition des Villages. Lâouvrage contient en rĂ©alitĂ©, majoritairement, des poĂšmes extraits des trois recueils dits de la Trilogie noire les Soirs, les DĂ©bĂącles et les Flambeaux noirs, puis quelques poĂšmes en prose, et enfin les Villages en eux-mĂȘmes. Ce choix prend tout son sens Ă la lecture de la postface critique de Christian Berg. Celle-ci sâattarde, lĂ encore, plus sur la Trilogie que sur le recueil qui donne son nom au livre. On a la nette impression quâil a Ă©tĂ© construit dâabord pour appuyer et illustrer cette lecture critique â qui nâen demeure pas moins passionnante â et seulement ensuite pour ĂȘtre lu comme une sorte dâanthologie, un peu Ă©clatĂ©e et mĂ©langĂ©e, de poĂ©sie. Son nom aurait dâailleurs du ĂȘtre La Trilogie noire extraits suivi de PoĂšmes en prose extraits et des Villages illusoires ». Si lâĂ©tude du professeur Berg tend Ă montrer, in fine, que les Villages sont le produit dâune maturation de la poĂ©sie de Verhaeren qui aurait commencĂ© avec les Soirs et se serait poursuivie dans le reste de la Trilogie noire, pourquoi ne pas avoir, alors, publiĂ© entiĂšrement cette fameuse Trilogie ? Pourquoi offrir des extraits certes prĂ©sentĂ©s comme reprĂ©sentatifs des trois recueils mais qui empĂȘchent le lecteur de jauger lui-mĂȘme chacun dâeux dans leur unitĂ©, leur cohĂ©rence et leur projet ? Pourquoi donner cette impression Ă lâamateur de poĂ©sie quâil se trouve face Ă un ouvrage dâauditoire, structurĂ© prĂ©cisĂ©ment pour permettre Ă des Ă©tudiants ou Ă des savants dâanalyser lâĆuvre de Verhaeren, plutĂŽt que pour procurer une vraie expĂ©rience poĂ©tique ? Ces questions sont sous-tendues par une interrogation plus gĂ©nĂ©rale et plus philosophique peut-on traiter la poĂ©sie comme une matiĂšre musĂ©ale et participer en mĂȘme temps Ă sa diffusion et au partage de la culture belge classique ? Je ne le pense pas. Ce que cette Ă©dition illustre, câest une maniĂšre de considĂ©rer la poĂ©sie, ici celle de Verhaeren, comme un objet dâĂ©tude plutĂŽt que comme une crĂ©ation vivante de ses interactions avec le public. Or, la poĂ©sie ne peut pas ĂȘtre seulement un produit de distraction ou une piĂšce de collection, ou encore un fragment programmatique des Ă©tudes romanes. Quâon ait Ă Ă©tudier la poĂ©sie, bien sĂ»r, et comme je le disais, la postface de Christian Berg est passionnante, elle dĂ©voile les mĂ©canismes utilisĂ©s par Verhaeren, ainsi que leur Ă©volution dans le temps, mais une Ă©dition de poĂ©sie doit-elle se mettre en prioritĂ© au service de lâanalyse universitaire quand son auteur souffre, comme tant dâautres, dâun glissement progressif dans lâoubli ? Il est Ă parier que si Verhaeren Ă©tait français et non belge, toutes ces questions nâauraient pas lieu dâĂȘtre. Des Ă©ditions de poche de ses Ćuvres, sinon complĂštes, en tout cas les plus importantes, seraient disponibles dans une double logique de promotion scolaire et dâaccĂšs au patrimoine littĂ©raire. Certes, Espace Nord nâest pas responsable de la politique de financement de la FĂ©dĂ©ration Wallonie-Bruxelles, certes la poĂ©sie se vend mal et a de plus en plus de difficultĂ© Ă trouver son public, mais si les Ă©diteurs et les universitaires participent Ă sa pĂ©trification et donnent lâimpression aux jeunes lecteurs que Verhaeren est avant tout un spĂ©cimen fossile quâon aurait Ă dissĂ©quer, ce constat ne pourra aller quâen sâaggravant. Ne devrait-on chercher plutĂŽt Ă replanter sa poĂ©sie dans notre sol, pour quâelle se nourrisse dâune terre diffĂ©rente, quâelle Ă©volue avec le temps ? Nâest-ce pas lĂ aussi lâune des maniĂšres de renforcer, de revitaliser la poĂ©sie en gĂ©nĂ©ral ? LĂ encore peut-ĂȘtre a-t-on perdu un certain rapport Ă nos traditions, non parce quâelles sont des traditions et quâelles vaudraient, par lĂ , rĂ©fĂ©rence, mais parce que certains auteurs comme Verhaeren ont rĂ©ussi, en Ă©crivant pour leur Ă©poque, Ă parler aussi Ă la nĂŽtre. En plus de son angle universitaire, cette Ă©dition des Villages nous murmure un triste pseudo-secret Espace Nord ne publiera sans doute pas la Trilogie noire. Pourquoi, sinon, en offrirait-elle de si larges extraits dans une autre Ă©dition ? Et ceux qui voudront lire les les Visages de la vie, les Forces tumultueuses, la Multiple Splendeur ou encore les trois Heures devront encore longtemps chercher dans des Ă©tagĂšres poussiĂ©reuses. Câest pour eux, je le crois, un plaisir ; cela fait mĂȘme partie de leur identitĂ© de lecteur-chineur et de leur expĂ©rience de lecture. Mais cela ne participera pas Ă la diffusion de la poĂ©sie de Verhaeren qui continuera Ă vivre dans le cĆur de quelques irrĂ©ductibles et de quelques savants qui seuls profiteront de ses petites transcendances. En savoir plus⊠Les villages illusoires Ăcrit par Ămile Verhaeren Choix de textes et postface de Christian Berg Roman Espace Nord, 2016
{ Caisses populaires Desjardins 1991 } Les enjeux de la décennie. C'est pour moi à la fois un plaisir et un honneur de me retrouver avec vous aujourd'hui, et je veux remercier
9 / 100 TrĂšs joli poĂšme, Ă©crit par Leni Cassagnettes, maitresse spĂ©cialisĂ©e. A lire dans les deux sens pour se remonter le moral Leni Cassagnettes Je suis un gros nul Personne n' ose penser que Je suis capable d' accomplir de grandes choses Je sais que Je raterai tout ce que j' entreprendrai Je ne crois plus que Je peux rĂ©ussir Je suis persuadĂ© que Je ne vaux rien J' ai arrĂȘtĂ© de me dire que J' ai confiance en moi Je suis convaincu d' une chose Je suis quelqu'un d' inutile Et ce serait idiot de penser que Je suis une belle personne
Levrai sens de la vie par Hafid Abdeddaïm aux éditions Societe des ecrivains. Je suis Hafid ABDEDDAIM de deux origines différentes, une française et l'autre algérienne. Né en 1986, depuis le jour de ma naissance je possÚde une vision poét
Bonjour đ ! Ce nouvel article prolonge les deux prĂ©cĂ©dents consacrĂ©s aux verbes Chercher et Trouver. Il concerne donc pour lâinstant les Ă©nigmes 530 et 780. La poĂ©sie } Du latin poesis » , issu du grec poiĂȘsis » â action de faire » . Sens modifiĂ© au milieu du XIVe siĂšcle art de la fiction littĂ©raire » . } La poĂ©sie est un genre littĂ©raire trĂšs ancien, aux formes variĂ©es, Ă©crites gĂ©nĂ©ralement en vers mais qui admettent la prose et qui privilĂ©gient lâexpressivitĂ© de la forme ; les mots disant plus quâeux-mĂȘmes par leur choix sens et sonoritĂ©s et leur agencement rythmes, mĂ©trique, figures de style. } Le verbe poiein » grec ancien signifie faire, crĂ©er » . Le poĂšte est donc un crĂ©ateur, un inventeur de formes expressives, ce que rĂ©vĂšlent aussi les termes du Moyen-Ăge trouvĂšre et troubadour. Le poĂšte, hĂ©ritier dâune longue tradition orale, privilĂ©gie la musicalitĂ© et le rythme, dâoĂč, dans la plupart des textes poĂ©tiques, le recours Ă une forme versifiĂ©e qui confĂšre de la densitĂ© Ă la langue. } Le poĂšte recherche aussi lâexpressivitĂ© par le poids accordĂ© aux mots comme par lâutilisation des figures de style et au premier chef des images et des figures dâanalogie, recherchĂ©es pour leur force suggestive. LâAntiquitĂ© Dans lâAntiquitĂ© grecque, toute expression littĂ©raire est qualifiĂ©e de poĂ©tique, quâil sâagisse de lâart oratoire, du chant ou du théùtre tout fabriquant de texte » est un poĂšte comme lâexprime lâĂ©tymologie. PremiĂšre expression littĂ©raire de lâhumanitĂ©, utilisant le rythme comme aide Ă la mĂ©morisation et Ă la transmission orale, la poĂ©sie apparaĂźt dâabord dans un cadre religieux et social en instituant les mythes fondateurs dans toutes les cultures, que ce soit avec lâĂ©popĂ©e de Gilgamesh IIIe millĂ©naire avant en MĂ©sopotamie, les VĂ©das et le Ramayana indiens, la PoĂ©sie dans lâĂgypte antique, la Bible des hĂ©breux, LâIliade et LâOdyssĂ©e des grecs, ainsi que LâĂnĂ©ide des latins. Source WikipĂ©dia â PoĂ©sie » Lâune des caractĂ©ristiques de la poĂ©sie orale est quâelle contient des formules, des rĂ©pĂ©titions de mots, en particulier des Ă©pithĂštes et des phrases stĂ©rĂ©otypĂ©es, parfois des lignes et des paragraphes entiers, qui permettent au poĂšte, qui les a prĂ©alablement mĂ©morisĂ©s, de rĂ©citer sur-le-champ un poĂšme Ă la demande. Source Dictionnaire de lâAntiquitĂ©, Robert Laffont, poĂ©sie orale » Les premiers ouvrages de la littĂ©rature grecque, les poĂšmes homĂ©riques, furent dâabord composĂ©s et transmis oralement. MĂȘme lorsque lâalphabet phĂ©nicien fut adoptĂ© pour transcrire le grec, au VIIIe siĂšcle avant la tradition orale survĂ©cut. DĂšs la fin du VIIe siĂšcle avant les ouvrages en prose, plus difficiles Ă mĂ©moriser que la poĂ©sie et qui auraient difficilement survĂ©cu par transmission orale, ont dĂ» ĂȘtre transcrits. Ce serait le tyran athĂ©nien Pisistrate qui aurait ordonnĂ©, au milieu du VIe siĂšcle avant de transcrire par Ă©crit le premier texte homĂ©rique. Les textes Ă©crits ne commencĂšrent Ă se rĂ©pandre que vers le Ve siĂšcle avant Ă©poque Ă laquelle se diffusĂšrent les Ćuvres des philosophes et historiens primitifs, des poĂštes Ă©tudiĂ©s dans les Ă©coles et peut-ĂȘtre des poĂštes tragiques. Câest Ă©galement lâĂ©poque oĂč le commerce des livres vit le jour, rendant possible la constitution de bibliothĂšques par des particuliers. La bibliothĂšque dâAristote au LycĂ©e fut le modĂšle qui servit, au IIIe siĂšcle avant Ă la fondation de la bibliothĂšque dâAlexandrie. Câest aux travaux des bibliothĂ©caires et Ă©rudits alexandrins que lâon doit de possĂ©der aujourdâhui nombre de textes et commentaires scholies de la littĂ©rature grecque classique. Les manuscrits qui parvenaient Ă Alexandrie provenaient de copies effectuĂ©es avec plus ou moins de soins, si bien que beaucoup dâentre eux recĂ©laient des erreurs et des modifications des textes originaux. La tĂąche des Ă©rudits alexandrins Ă©tait de restituer, dans la mesure du possible, les textes dans leur forme originale, de les classer par catĂ©gories et de rĂ©diger des commentaires portant sur les caractĂ©ristiques linguistiques, littĂ©raires ou sur le contexte antique. La restitution dâun texte selon lâoriginal posait des problĂšmes de conventions orthographe et un problĂšme dâinterprĂ©tation car les textes Ă©taient rĂ©digĂ©s en continu, sans sĂ©parations. Il en fut ainsi bien au-delĂ de lâĂ©poque hellĂ©nistique, puisque ce nâest quâau Moyen-Ăge que fut introduite une sĂ©paration nette entre les mots. Les accents, invention hellĂ©nistique, ne furent de mĂȘme couramment utilisĂ©s quâĂ partir du Moyen- Ăge. La ponctuation Ă©tait rudimentaire et trĂšs peu usitĂ©e ; dans les piĂšces de théùtre par exemple, les changements dâinterlocuteurs Ă©taient indiquĂ©s par un trait horizontal placĂ© au dĂ©but du vers ou par un comma Musique â intervalle trĂšs petit », source de nombreuses erreurs. Source Dictionnaire de lâAntiquitĂ©, textes antiques, transmission des. » Dans la mythologie grecque, lâinspiration poĂ©tique est incarnĂ©e par les Muses, dont le nom signifie Ă la fois parole » et chant » . Filles de Zeus et de la Titanide MnĂ©mosynĂš la MĂ©moire, les neuf Muses, conçues au cours de neuf nuits dâamour, forment un chĆur conduit par Apollon, le dieu musical surnommĂ© dâailleurs pour cela le MusagĂšte. Ăducatrices, inspiratrices, mĂ©diatrices entre le dieu et le poĂšte , elles incarnent la parole poĂ©tique et la mĂ©moire de lâaĂšde. Elles permettent au poĂšte dâaccĂ©der Ă la connaissance des exploits des hĂ©ros et, par son chant, de les rĂ©vĂ©ler. Les poĂštes sont ainsi dans un Ă©tat dâenthousiasme ; littĂ©ralement, ils ont le dieu theos en eux -en et deviennent comme des messagers. Câest pourquoi les poĂštes nâont pas besoin de la vue ; HomĂšre, mĂȘme aveugle, reçoit ce don des Muses et peut, par son inspiration, faire vivre la mĂ©moire des hĂ©ros dans ses Ă©popĂ©es. LâOdyssĂ©e commence, comme beaucoup de chants poĂ©tiques, par une invocation aux Muses, qui soufflent » lâinspiration du rĂ©cit. Source Lexique des symboles de la mythologie grecque, PUF Le poĂšte archaĂŻque grec HĂ©siode est le premier Ă les nommer et a peut-ĂȘtre lui-mĂȘme inventĂ© leurs noms. Selon lui, il y en a neuf ; au dĂ©but de la ThĂ©ogonie, il raconte, en un passage cĂ©lĂšbre, comment elles lui ont accordĂ© le don de poĂ©sie et la connaissance du passĂ©, rĂ©cit qui a influencĂ© les poĂštes ultĂ©rieurs lorsquâils essaient dâexpliquer comment leur vient lâinspiration poĂ©tique. Le siĂšge originel du culte des Muses se situe en PiĂ©rie, prĂšs du mont Olympe en Thessalie, et sur le mont HĂ©licon en BoĂ©tie dâoĂč leur nom de PiĂ©rides ou dâHĂ©liconiennes, mais il existe des cultes mineurs dans toute la GrĂšce. Ă lâĂ©poque romaine, chaque Muse reprĂ©sentait un art particulier } Calliope la poĂ©sie Ă©pique ;} Clio lâhistoire ; } Euterpe le jeu de la flĂ»te et la poĂ©sie lyrique ; } MelpomĂšne la tragĂ©die ; } Therpsichore la danse chorale et le chant ; } Ărato la lyre et la poĂ©sie lyrique ; } Polymnie les hymnes aux dieux et la pantomime ; } Uranie lâastronomie ; } Thalie la comĂ©die et la poĂ©sie bucolique. La musique mousikĂš » â art des Muses » fait partie intĂ©grante de la vie grecque ; câest un Ă©lĂ©ment essentiel de tous les Ă©vĂ©nements religieux publics, des banquets et des rĂ©unions en sociĂ©tĂ©. Les concours musicaux faisaient partie de beaucoup de grands jeux, en particulier des jeux Pythiques âŠ. Presque toutes les formes de poĂ©sie grecque Ă©taient accompagnĂ©es traditionnellement par un type de musique. Les principaux instruments de musique Ă©taient la lyre, lyra ou kithara cette derniĂšre est une forme plus Ă©laborĂ©e de la premiĂšre, et ce quâon appelle la flĂ»te, aulos. La lyre Ă©tait surtout employĂ©e pour accompagner la poĂ©sie lyrique. Les Ă©popĂ©es homĂ©riques Ă©taient chantĂ©es ou rĂ©citĂ©es avec une lyre. La flĂ»te Ă©tait lâinstrument habituel pour accompagner le dithyrambe forme de chĆur chantĂ© en lâhonneur du dieu Dionysos et les chĆurs tragiques ou comiques. Contrairement Ă la GrĂšce, la musique Ă Rome nâest pas un Ă©lĂ©ment essentiel de lâĂ©ducation aristocratique, et dâune maniĂšre gĂ©nĂ©rale la musique en tant quâart, tout comme les musiciens, Ă©taient considĂ©rĂ©s avec un lĂ©ger mĂ©pris ; ceux-ci sâĂ©taient trĂšs tĂŽt organisĂ©s en guildes collegia » pour se protĂ©ger mutuellement. Cependant, lâimportance de la flĂ»te tibia, semblable Ă lâaulos grec dans les cĂ©rĂ©monies religieuses est prouvĂ©e âŠ. La musique de la flĂ»te accompagnait les priĂšres, les sacrifices, les dĂ©filĂ©s triomphaux au Capitole, les processions au Circus Maximus et les cortĂšges funĂšbres. Source Dictionnaire de lâAntiquitĂ©, Muses » ; musique » Lâassonance latine Le type dâassonance appelĂ© allitĂ©ration, souvent employĂ© de maniĂšre ostentatoire et sans art, est un Ă©lĂ©ment courant dans la poĂ©sie latine Ă ses dĂ©buts. Mais Ă lâĂ©poque de Virgile, elle finit par ĂȘtre employĂ©e avec beaucoup de subtilitĂ© et pour un effet Ă©motionnel. Lâoreille romaine semble avoir apprĂ©ciĂ© la rĂ©pĂ©tition judicieuse de terminaisons semblables dans les passages les plus enflammĂ©s dâun discours, un aspect de lâassonance maniĂ© avec plus de subtilitĂ© par les poĂštes. Cet usage se transforme facilement en une sorte de rime que lâon remarque parfois dans la poĂ©sie Ă toutes les Ă©poques, mais utilisĂ©e dĂ©libĂ©rĂ©ment dans les hymnes scandĂ©s, Ă partir du Ve siĂšcle aprĂšs et avec une grande beautĂ© dans les chansons profanes mĂ©diĂ©vales. Source Dictionnaire de lâAntiquitĂ©, assonance » Les temps mĂ©rovingiens Câest au VIe siĂšcle que lâon voit ainsi poindre les traditions mĂ©diĂ©vales et que sâopĂšre la jonction entre notre littĂ©rature et les lettres antiques ; AntiquitĂ© quâil ne faut Ă©videmment pas restreindre Ă lâAntiquitĂ© classique et dans laquelle les grands Ă©crivains sacrĂ©s, Augustin, JĂ©rĂŽme, Ambroise, puis BoĂšce, ont dĂ©jĂ créé une littĂ©rature originale ; les derniers Ă©crivains que lâon peut appeler gallo-romains ont bĂ©nĂ©ficiĂ© de leur apport et ont participĂ© Ă ce courant. Et la Gaule est devenue la France. Les Barbares que Sidoine Apollinaire 430 â 486, homme politique, Ă©vĂȘque et Ă©crivain gallo-romain voyait approcher avec inquiĂ©tude â ces Barbares nâont quâun dĂ©sir continuer les traditions de leurs vaincus ; et câest Ă leur cour et dans leur entourage que lâon voit effectivement lâactivitĂ© littĂ©raire renaĂźtre, et mĂȘme inaugurer des voies nouvelles. Fortunat vers 530 â 609, poĂšte chrĂ©tien nĂ© en Italie sâinstalle en France. Câest en pĂšlerin quâil dĂ©barque dans la rĂ©gion des bords de Loire âŠ. Il se fixa dans le pays et câest aux environs de Poitiers quâallait sâĂ©laborer notre premiĂšre tradition française, sous lâinfluence conjuguĂ©e de ce poĂšte italien et dâune princesse barbare, Radegonde. Ses vingt annĂ©es de production poĂ©tique sont dĂšs lors entiĂšrement inspirĂ©es par un sentiment nouveau, ⊠une sorte dâadmiration amoureuse, une tendresse pleine de respect, un amour dans lequel lâintimitĂ© de deux Ăąmes est comme transfigurĂ©e par le sentiment mystique, par le culte de la Vierge. La poĂ©sie de Fortunat donne le premier Ă©cho dâun thĂšme dâinspiration qui va dominer tout le Moyen-Ăge. Un contemporain, GrĂ©goire de Tours vers 538 â 594, est Ă la prose ce que Fortunat est Ă la poĂ©sie. Son Historia Francorum, en dix livres, est le premier monument de notre histoire ⊠; dĂ©jĂ dans son oeuvre la France apparaĂźt avec ses contours traditionnels et sentie dans son unitĂ©. La pĂ©riode qui va suivre, jusquâaux temps carolingiens, ne produira plus dâĆuvres dâune semblable envergure et ne connaĂźtra de vĂ©ritable activitĂ© que dans le domaine de la poĂ©sie liturgique. Dans cette pĂ©riode profondĂ©ment troublĂ©e par les invasions normandes et sarrasines, le monde anglo-saxon sera le refuge de la culture occidentale et de sa vie intellectuelle. Lorsque Charlemagne voudra rĂ©tablir celle-ci dans son royaume, il sâadressera Ă lâAnglais Alcuin, formĂ© par lâĂ©cole dâYork. Source EncyclopĂ©die de la PlĂ©iade, Histoire des littĂ©ratures III Charlemagne et lâĂ©cole palatine Câest autour de lâempereur et de la cour dâAix-la-Chapelle que se recrĂ©e la vie littĂ©raire. Il fait appel Ă des lettrĂ©s venus de toutes les rĂ©gions dâOccident âŠ. Câest donc un monde international, premiĂšre figure de ce que seront par la suite les grandes universitĂ©s mĂ©diĂ©vales. Il est vrai que la culture quâil dĂ©sire restaurer est rĂ©solument axĂ©e sur le monde antique dont il se veut lâhĂ©ritier. Les Ćuvres nĂ©es Ă la cour dâAix-la-Chapelle sentent quelque peu lâexercice dâĂ©cole ; mais elles transmettent aussi, partiellement, les apports nouveaux. Lâunivers musical tout entier doit Ă Paul Diacre les noms des notes de la gamme, tirĂ©s, comme on le sait, de son hymne sur saint Jean Baptiste, Ut queant laxis. On voit dâailleurs poindre Ă la mĂȘme Ă©poque quelques indices, sinon dâune littĂ©rature de langue vulgaire, tout au moins de poĂšmes ou de chansons qui ne sont plus composĂ©s en latin. Charlemagne aurait Ă©galement fait Ă©dicter des rĂšgles de grammaire pour lâusage de la langue franque et imposĂ© des vocables francs pour nommer les mois et les douze vents. Ainsi ce mĂȘme empereur qui sâefforçait de rĂ©introduire le latin classique donnait une existence officielle Ă la langue vulgaire. On a pu parler de bilinguisme Ă propos de cette Ă©poque qui sâĂ©tend approximativement du milieu du IXe siĂšcle au milieu du XIe siĂšcle, et qui est aussi celle pendant laquelle la fĂ©odalitĂ© se forme et prend conscience dâelle-mĂȘme. Source EncyclopĂ©die de la PlĂ©iade, Histoire des littĂ©ratures III La poĂ©sie mĂ©diĂ©vale française Câest au XIIe siĂšcle que, parallĂšlement Ă la poĂ©sie didactique, Ă la poĂ©sie Ă©pique voir Chanson de geste, Ă la poĂ©sie dramatique ou religieuse, se dĂ©veloppe la premiĂšre poĂ©sie lyrique dâexpression française. Il sâagit dâune poĂ©sie oĂč sâexprime un je » personnel. Le lyrisme nâest pas seulement expression du sentiment amoureux. Sâil cherche Ă exprimer toute la sensibilitĂ© personnelle du poĂšte, il le fait avec une recherche de musicalitĂ©. En effet, trouvĂšres et troubadours sont avant tout des poĂštes musiciens, et la poĂ©sie lyrique mĂ©diĂ©vale sera longtemps tributaire de la musique mĂ©diĂ©vale. InfluencĂ©s par le renouveau du culte de la Vierge au XIIe siĂšcle et par la poĂ©sie arabe, les troubadours de langue dâoc crĂ©ent une esthĂ©tique raffinĂ©e pour chanter lâamour. Ce sera le finâamor ou amour courtois. Un siĂšcle plus tard, les trouvĂšres en langue dâoĂŻl, câest-Ă -dire en ancien français, dĂ©velopperont ce lyrisme dans le nord de la France.Source WikipĂ©dia â PoĂ©sie mĂ©diĂ©vale française » } Gai savoir en ancien occitan, gay saber » , dĂ©signe lâart poĂ©tique des troubadours. Une poĂ©sie lyrique plus savante et plus raffinĂ©e sâĂ©tait dĂ©veloppĂ©e dĂšs la fin du XIe siĂšcle, dans le midi de la France. Le centre en Ă©tait Ă Toulouse, dont les comtes Ă©taient protecteurs du gai savoir, et souvent poĂštes eux-mĂȘmes. La poĂ©sie provençale exerça, dĂšs la seconde moitiĂ© du XIIe siĂšcle, une trĂšs profonde influence sur la poĂ©sie du Nord. Et nous savons que la cour de Champagne devint un centre de courtoisie et de littĂ©rature ChrĂ©tien de Troyes. Source Histoire illustrĂ©e de la LittĂ©rature Française, Hatier, 1937Quâelle sâinspire de la poĂ©sie arabe et de sa figure du fou dâamour, trĂšs prĂ©sente en Espagne, ou de rites prĂ©-chrĂ©tiens instaurant une certaine libertĂ© de la femme Ă certaines Ă©poques de lâannĂ©e, cette poĂ©sie musicale instaure Ă la fin du XIe siĂšcle une conception de lâamour nouvelle en Occident et parvient Ă intĂ©grer celle-ci aux valeurs fĂ©odales oĂč prĂ©valait le code chevaleresque sacrĂ©. Lâamour courtois ou finâamor reprend, en effet, la structure de base du systĂšme fĂ©odal, mais place la dame latin domina » â maĂźtresse de maison » ; Ă©pouse » ; souveraine, impĂ©ratrice » en position de seigneur et maĂźtre. Lâamant, nĂ©cessairement de rang infĂ©rieur Ă celle quâil aime, est soumis Ă toutes les volontĂ©s de celle-ci, et nâattend de rĂ©compense quâĂ proportion de la prouesse quâil entreprend au nom de lâamour. Cette dĂ©votion absolue Ă la dame prend une orientation mystique et subit lâinfluence, Ă partir de la fin du XIIe siĂšcle, de la dĂ©votion Ă la Vierge Marie, seule Dame digne dâamour. Source WikipĂ©dia â PoĂ©sie mĂ©diĂ©vale française »Si, des thĂšmes dâinspiration, on passe Ă lâexpression, il est trĂšs frappant de remarquer la place que tiennent les prĂ©occupations techniques chez le poĂšte mĂ©diĂ©val. Il tĂ©moigne pour la forme, pour les vers, dâun souci dâartisan, et les recherches sont nombreuses soit dans la combinaison et la structure des strophes, soit encore dans le domaine de la versification pure oĂč la rime apparaĂźt, qui peu Ă peu dĂ©trĂŽnera lâassonance. Câest prĂ©cisĂ©ment dans la littĂ©rature occitane que ce procĂ©dĂ© de la rime, qui donne son caractĂšre typique Ă la poĂ©sie française, commencera Ă se dĂ©velopper Ă partir du milieu du XIe siĂšcle pour passer dans la langue dâoĂŻl au dĂ©but du XIIe siĂšcle. Le vers » ou chanson » , forme habituelle de la lyrique amoureuse, comporte gĂ©nĂ©ralement cinq ou six strophes dont les vers de nombre trĂšs variable, gĂ©nĂ©ralement huit ou neuf par strophe se terminent sur la mĂȘme rime ; un envoi trĂšs court complĂšte le poĂšme. Mais cette structure gĂ©nĂ©rale comporte des variations infinies, aussi bien dans le style que dans la versification. Ă cĂŽtĂ© de la chanson » dâamour proprement dite â et on doit se garder dâoublier que ces poĂšmes Ă©taient effectivement destinĂ©s Ă ĂȘtre soit chantĂ©s, soit, tout au moins, accompagnĂ©s dâune mĂ©lodie â dâautres genres trouvent place dans la poĂ©sie lyrique en langue provençale ; telles sont lâ aube » et la pastourelle » imitĂ©es de la poĂ©sie lyrique du Nord de la France. Source EncyclopĂ©die de la PlĂ©iade, Histoire des littĂ©ratures III La poĂ©sie des trouvĂšres La poĂ©sie lyrique de langue dâoĂŻl ne possĂšde pas par elle-mĂȘme de thĂšme majeur, comme celui de lâamour courtois pour la langue dâoc ; en revanche, elle prĂ©sente une grande variĂ©tĂ© de ton et se maintient plus longtemps que la poĂ©sie provençale. Le genre le plus ancien est celui des chansons de toile ; on nâen connaĂźt pas qui soit postĂ©rieure au XIIe siĂšcle et elles semblent assez obscurĂ©ment liĂ©es Ă la poĂ©sie Ă©pique. Ce sont de petits poĂšmes oĂč, en quelques strophes Ă peine, est Ă©voquĂ© un drame dâamour ; le poĂšte ne le raconte pas, il se contente dây faire allusion et sa discrĂ©tion mĂȘme rend ces petites piĂšces extrĂȘmement pathĂ©tiques. Notre poĂ©sie lyrique comporte peu dâĆuvres composĂ©es avec autant de fraĂźcheur et de sensibilitĂ© que les chansons qui nous montrent Belle Aye Ă©clatant en larmes sur la piĂšce de soie quâelle brode, Belle Erembourc apostrophant lâami qui lâa dĂ©laissĂ©e sur de faux rapports, ou Oriour pleurant sa sĆur Gaie partie pour le pays de son fiancĂ©. Presque toutes ces chansons sont assonancĂ©es et non rimĂ©es; toutes comportent un court refrain, fort heureux parfois comme celui de Gaie et Oriour Vente lâair et rameaux croulent ceux qui sâaiment doucement dorment » . Deux autres types de poĂšmes dont il a dĂ©jĂ Ă©tĂ© question comportent une forme assez fixe lâaube ou chanson du point du jour, alba â blanche » et la pastourelle ; la premiĂšre chante la sĂ©paration des amants au lever du jour, Ă lâappel du chant des oiseaux ⊠; la seconde est la rencontre, devenue vite assez banale, du chevalier et de la bergĂšre qui tantĂŽt repousse et tantĂŽt accepte lâaventure. Source EncyclopĂ©die de la PlĂ©iade, Histoire des littĂ©ratures III Diffusion de la poĂ©sie lyrique française Cette rapide recension de la lyrique mĂ©diĂ©vale Ă lâĂ©poque fĂ©odale XIIe et XIIIe siĂšcles demeurerait trĂšs incomplĂšte si lâon ne mentionnait lâextraordinaire influence quâelle eut Ă lâĂ©tranger. Mettons Ă part lâAngleterre qui, pendant toute cette pĂ©riode, se confond en fait avec la France, puisque ses rois et une grande partie de sa noblesse sont de souche française et que notre langue y est la langue quasi officielle. Plus remarquable est le cas de lâEspagne. La cour des rois de Castille a Ă©tĂ© un vĂ©ritable centre dâactivitĂ© poĂ©tique et, pendant tout le cours des XIIe et XIIIe siĂšcles, les troubadours ne cesseront dây ĂȘtre accueillis. Cet accueil Ă©tait favorisĂ© du fait que la route de Compostelle connaissait Ă cette Ă©poque lâincessant va-et-vient de pĂšlerins que lâon sait, tandis que les chevaliers français venaient Ă lâaide des armes de Castille pour entreprendre la reconquĂȘte de lâEspagne sur les Arabes. Source EncyclopĂ©die de la PlĂ©iade, Histoire des littĂ©ratures III Conclusion La poĂ©sie, premiĂšre expression littĂ©raire de lâhumanitĂ©, reste jusquâau XIIe siĂšcle Ă©troitement liĂ©e Ă la musique. Câest Ă©galement Ă cette Ă©poque que la rime apparaĂźt et fait progressivement disparaĂźtre lâassonance. Nous pouvons dĂšs Ă prĂ©sent noter que le titre de lâĂ©nigme 500 Ut queant laxis fait rĂ©fĂ©rence aux noms des notes de la gamme musicale. Il me semble important de faire un lien entre lâinspiration poĂ©tique et la troisiĂšme ligne de lâĂ©nigme 530, qui commence ainsi } Mon QuatriĂšme sâinspire, ⊠» . Le verbe Inspirer 1190 provient du latin inspirare » construit avec le verbe spirare » qui signifie souffler » et le prĂ©fixe -in » dans, vers » ; sur » . Inspirer } Animer dâun souffle, dâun Ă©lan divin. Apollon inspirait la Pythie.} Donner lâinspiration, le souffle crĂ©ateur dans lâart, les activitĂ©s intellectuelles. Ătre cause et sujet dâinspiration. } Faire naĂźtre en suscitant un sentiment, une idĂ©e, un dessein. V. Donner, imprimer, insuffler, suggĂ©rer » . } Par extension Inspirer quelquâun dĂ©terminer son comportement par des conseils. V. Conduire, conseiller, diriger » . } Souffler dans. V. Insuffler » . Faire entrer lâair dans ses poumons. V. Aspirer » . Nous retrouvons dans le verbe Inspirer lâidĂ©e du divin, dĂ©jĂ Ă©voquĂ©e auparavant dans lâanalyse du titre de la chasse. Un autre sens Ă creuser, qui rejoint lâĂ©tymologie de Trouver, est celui de la crĂ©ation. En ce qui concerne le texte de lâĂ©nigme 780, un rapprochement peut ĂȘtre Ă©tabli entre la poĂ©sie et la derniĂšre ligne de lâĂ©nigme } Par la boussole et le pied. » En effet , dans la poĂ©sie française, le rythme dâun poĂšme est dĂ©terminĂ© par le nombre de syllabes, fixe, de chaque vers. Dans la poĂ©sie grecque, ce rythme dĂ©pend du nombre de syllabes dans un vers, mais aussi de la quantitĂ© » de ces syllabes, selon quâelles sont longues ou brĂšves. Aussi, le vers grec ainsi que le vers latin est souvent dĂ©crit comme quantitatif » . En gĂ©nĂ©ral, un vers grec est formĂ© par la rĂ©pĂ©tition de brĂšves sĂ©quences syllabiques, chaque sĂ©quence Ă©tant appelĂ©e mĂštre ou pied. Deux syllabes brĂšves sont en durĂ©e lâĂ©quivalent dâune longue ; ainsi dans certains cas deux brĂšves peuvent prendre la place dâune longue, phĂ©nomĂšne appelĂ© rĂ©solution. Source Dictionnaire de lâAntiquitĂ©, Robert Laffont, mĂštre » AprĂšs cet article, qui contient beaucoup dâinformations intĂ©ressantes pour la suite de la chasse, je vous propose une premiĂšre analyse de lâĂ©nigme 600. Bonne journĂ©e et Ă trĂšs vite sur Le Moyeu !
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LA POĂSIE ET SES PRINCIPALES FONCTIONS publication parachevĂ©e par quelques textes poĂ©tiques illustratifs INTRODUCTION. On distingue trois grands genres littĂ©raires le roman, le théùtre et la poĂ©sie. Ce dernier nommĂ© est un art du langage permettant de suggĂ©rer, avec harmonie et rĂ©gularitĂ©, une infinitĂ© dâimages, de sensations, dâĂ©tat dâĂąme et dâesprit. Câest un genre qui date de longtemps ; en effet, avant que la poĂ©sie ne soit Ă©crite puis rĂ©citĂ©e en public, elle Ă©tait dâabord chantĂ©e de villes en villes par des aĂšdes, des bardes, des trouvĂšres, des troubadours, des saltimbanques⊠Ce nâest que beaucoup plus tard au Moyen-Ăąge et surtout pendant la Renaissance que la poĂ©sie a reçu ses lettres de noblesse, quâelle a commencĂ© Ă ĂȘtre Ă©crite comme il faut », de façon plus boutonnĂ©e ». Pour beaucoup en tout cas, ĂȘtre poĂšte nâest pas donnĂ© Ă nâimporte qui car le poĂšme semble dictĂ© par un gĂ©nie humain ou divin. Certains iront jusquâĂ abolir toute diffĂ©rence entre le poĂšte et le prophĂšte deux porteurs de messages dont les appellations riment. Relisez ma publication sur le parnasse, le choix de la poĂ©sie plus particuliĂšrement. Mieux encore, dans les textes sacrĂ©s, Dieu Lui-mĂȘme sâadresse Ă lâhumanitĂ© par lâintermĂ©diaire de versets hĂ©braĂŻques, bibliques ou coraniques, une forme textuelle plus ou moins analogue aux vers avec qui ils partagent le mĂȘme radical. Par consĂ©quent, ils conçoivent lâactivitĂ© crĂ©atrice poĂ©tique comme sacrĂ©e. Quoi quâil en soit, on peut lui associer quatre fonctions principales, selon les motivations de chaque poĂšte. I. LA FONCTION LYRIQUE OU SENTIMENTALE. Certains artistes ont lâhabitude de relater dans leurs Ă©crits des Ă©vĂ©nements relatifs Ă leur propre vie trĂšs souvent liĂ©s Ă leurs peines personnelles. Certains humanistes Ronsard, des surrĂ©alistes Ăluard, des symbolistes Verlaine et surtout les romantiques lyriques Musset se servent alors du poĂšme comme cadre privilĂ©giĂ© dâexpression dâun dĂ©sir, dâun idĂ©al, dâune thĂ©rapie contre la souffrance humaine. SiĂšge des sentiments, le coeur devient ainsi la source principale dâune inspiration fĂ©conde. Câest une des raisons pour lesquelles Musset sâexclamait Ah ! frappe-toi le coeur ! Câest lĂ quâest le gĂ©nie ». Cette extĂ©riorisation de la peine rend le fardeau de la souffrance moins pesant ; câest pourquoi Lamartine avouait que, pour lui, sâadonner Ă la poĂ©sie, ce nâĂ©tait pas un art, mais un soulagement de mon coeur ». Tant mieux si le lecteur lui-mĂȘme a vĂ©cu lâexpĂ©rience de toutes ces envies, de ces dĂ©ceptions inopinĂ©es, de ces moments de faiblesse⊠Voir ma publication sur le romantisme, prĂ©cisĂ©ment le point concernant le lyrisme. Des dĂ©tracteurs les ont cependant qualifiĂ©s dâĂ©goĂŻstes mais certains, Ă lâinstar de Victor Hugo, sâen sont montrĂ©s fiers ou sâen sont dĂ©fendus ; dans sa fameuse prĂ©face des Contemplations 1856, il Ă©crit ma vie est la vĂŽtre, votre vie est la mienne⊠On se plaint quelques fois des Ă©crivains qui disent moi. Parlez-nous de nous, leur crie-t-on. HĂ©las ! quand je vous parle de moi, je vous parle de vous. Comment ne le sentez-vous pas ? Ah ! insensĂ© qui crois que je ne suis pas toi ». II. LA FONCTION DIDACTIQUE OU MORALISTE. »Didactique » est lâadjectif relatif Ă tout ce qui se rattache Ă lâenseignement, Ă lâĂ©ducation. En effet, nombreux sont ceux qui croient fermement quâun poĂšme est illicite si elle ne prodigue pas de leçons de morale explicites ou implicites destinĂ©es Ă instruire les lecteurs avides de connaissances. Les siĂšcles les plus reprĂ©sentatifs de cette orientation Ă la fois artistique et moraliste sont le XVI Ăšme avec les Ă©crivains de la Renaissance, de lâhumanisme, mais aussi et surtout le XVII Ăšme, pĂ©riode pendant laquelle les classiques considĂšrent comme inutile tout poĂšme qui nâattache aucun prix aux leçons Ă en tirer. Lâassimilation de celles-ci permet ainsi de se prĂ©munir des surprises dĂ©sagrĂ©ables dont les trompeurs sont auteurs, parce quâon a Ă©tĂ© ignorant, crĂ©dule, nĂ©gligeant. Ă titre illustratif, Jean de La Fontaine emploie un sous-genre de la poĂ©sie appelĂ© la fable, tantĂŽt pour dĂ©masquer les hypocrites qui usent de ruse pour parvenir Ă leurs mesquineries, tantĂŽt pour soigner nos comportements pas trĂšs catholiques vis-Ă -vis de nos semblables. Le fabuliste a Ă©crit lui-mĂȘme dans la prĂ©face de son cĂ©lĂšbre recueil apparemment enfantin Je me sers dâanimaux pour instruire les hommes ». III. LA FONCTION ENGAGĂE OU MILITANTE. On dit dâun Ă©crivain quâil est engagĂ© lorsquâil emploie la plume pour se rĂ©vĂ©ler incapable de rester les yeux fermĂ©s ou de garder les bras croisĂ©s devant tout ce qui lui paraĂźt injuste, nonobstant les nombreux risques, allant des moindres censure, rapatriement⊠aux pires exil, emprisonnement, assassinatâŠ. Malheur aux forts qui pensent quâen bĂąillonnant le messager, ils Ă©toufferont le message ! Aussi, certains poĂštes jugent-ils inadĂ©quat de parler de soi alors quâil y a plus urgent. Ces poĂštes croient absolument quâune oeuvre poĂ©tique vraiment digne de ce nom doit prendre la dĂ©fense du peuple composĂ© de classes sociales au bas de lâĂ©chelle ou encore de groupes raciaux opprimĂ©s. Câest pourquoi Hugo disait lâart nâest pas un ornement mais un instrument ». Le poĂšme possĂšde subitement le pouvoir dâune arme qui crache le feu sur les mĂ©chants. Câest lâexemple des humanistes pendant les guerres de religion, de romantiques engagĂ©s Ă lâencontre de lois inhumaines ou antidĂ©mocratiques, de certains surrĂ©alistes opposĂ©s Ă lâoccupation de la France par lâAllemagne nazie, de poĂštes nĂšgres contestataires du systĂšme colonial instaurĂ© par le monde occidental. Pour ce dernier cas, dans Cahier dâun retour au pays natal 1939, AimĂ© CĂ©saire dĂ©nonce ouvertement les horreurs de la fallacieuse mission civilisatrice et pacificatrice de la colonisation qui, en rĂ©alitĂ©, nâest rien dâautre que la prolongation dâun esclavage modernisĂ© quâon nâa mĂȘme pas le droit dâappeler »commerce » Ă©tant donnĂ© quâil nâest pas du tout Ă©quitable ils apportent des pacotilles ou des dĂ©couvertes scientifiques moins quâils nâemportent des hommes valides ou des matiĂšres premiĂšres. IV. LA FONCTION ESTHĂTIQUE OU ORNEMENTALE. Il y a Ă©galement des Ă©crivains qui refusent catĂ©goriquement de vouer Ă la poĂ©sie un culte autre que celui de lâart en question, du verbe en particulier. Pour les uns, mĂȘme si le message le fond, le contenu, la matiĂšre qui circule dans le poĂšme est important, il passera pour mĂ©diocre lorsque la conception la forme, le contenant, la maniĂšre est nĂ©gligĂ©e. En tout cas, les classiques en sont persuadĂ©s. voir ma publication sur le classicisme, plus prĂ©cisĂ©ment le point sur le respect des rĂšgles dâĂ©criture. Câest pour cette raison que Boileau, dans son Art poĂ©tique 1674, disait Sans la langue en un mot, lâauteur le plus divin Est toujours, quoi quâil fasse, un mĂ©chant Ă©crivain ». Pour dâautres qui pousseront le bouchon plus loin, la beautĂ© esthĂ©tique et thĂ©matique doit ĂȘtre prioritaire pour le poĂšte, voire exclusivement indĂ©pendante de lâutilitĂ© du poĂšme. Celui qui est le plus parfait pour eux, câest celui qui accorde au vers plus de transpiration que dâinspiration. Ces promoteurs de lâart pour lâart » sont les parnassiens. Voir ma publication sur le parnasse, plus particuliĂšrement le point sur lâart pour lâart. Pour dâautres encore, les symbolistes dâabord, les surrĂ©alistes plus encore, voir ma publication relative Ă ces deux courants littĂ©raires rĂ©sumĂ©s successivement lâun aprĂšs lâautre, il faut exploiter davantage les ressources de la langue, ĂȘtre mĂȘme capable de passer par un sujet qui inspire lâhorreur, le dĂ©goĂ»t car liĂ© Ă la laideur, pour parvenir Ă cette beautĂ© presque informe. Lâimportant se situe moins du cĂŽtĂ© du thĂšme dĂ©battu que de celui de la langue bien soignĂ©e, renouvelĂ©e, enrichie, rĂ©inventĂ©e. CONCLUSION. En un mot, on peut encore et toujours dĂ©nombrer Ă la poĂ©sie dâautres vocations Ă travers par exemple la poĂ©sie Ă©pique, dramatique, ludique ⊠Toutefois, ces quatre que nous venons dâĂ©voquer sont les plus rĂ©currentes. En outre, la frontiĂšre nâest pas aussi Ă©tanche quâon pourrait le croire ; elle est plutĂŽt trĂšs poreuse car un seul texte peut bien possĂ©der deux ou plusieurs fonctions Ă la fois. Donc, bien souvent, le poĂšme est tout Ă la fois une pharmacie pour les uns fonction lyrique ou sentimentale, une salle de classe pour dâautres fonction didactique ou moraliste, un champ de bataille pour la plupart fonction engagĂ©e ou militante, un musĂ©e des Beaux-arts pour certains fonction esthĂ©tique ou ornementale⊠TEXTES POĂTIQUES ILLUSTRATIFS TEXTE 1 TEXTE ILLUSTRATIF DE LA POĂSIE LYRIQUE. LâĂȘtre humain souffre parfois de maux quâaucun hĂŽpital ne peut guĂ©rir parce que cette douleur Ă©prouvĂ©e nâest ni physique, ni palpable⊠Le 4 septembre 1843, un jeune couple Charles Vacquerie et Leopoldine Hugo, aprĂšs seulement sept mois de mariage, se noie accidentellement dans la Seine, cĂ©lĂšbre fleuve de France qui traverse Villequier, théùtre de cette mort tragique. Cet Ă©vĂ©nement malheureux sâest produit exactement au beau milieu de la vie de Victor Hugo 1802 â 1885. Ce poĂšte en souffrit Ă©normĂ©ment car sa fille aĂźnĂ©e et lui entretenaient une solide relation Ă la fois filiale, affectueuse et inspiratrice. Oh ! Je fus comme fou dans le premier moment, HĂ©las ! et je pleurai trois jours amĂšrement. Vous tous Ă qui Dieu prit votre chĂšre espĂ©rance, PĂšres, mĂšres, dont lâĂąme a souffert ma souffrance, Tout ce que jâĂ©prouvais, lâavez-vous Ă©prouvĂ© ? Je voulais me briser le front sur le pavĂ© ; Puis je me rĂ©voltais et, par moment, terrible, Je fixais mes regards sur cette chose horrible, Et je nây croyais pas, et je mâĂ©criais non ! â Est-ce que Dieu permet de ces malheurs sans nom Qui font que dans le coeur le dĂ©sespoir se lĂšve ? â Il me semblait que tout nâĂ©tait quâun affreux rĂȘve, Quâelle ne pouvait pas mâavoir ainsi quittĂ©, Que je lâentendais rire en la chambre Ă cĂŽtĂ©, Que câĂ©tait impossible enfin quâelle fut morte, Et que jâallais la voir entrer par cette porte ! Oh ! que de fois jâai dit silence ! elle a parlĂ© ! Tenez ! voici le bruit de sa main sur la clĂ© ! Attendez ! elle vient ! laissez-moi, que jâĂ©coute ! Car elle est quelque part dans la maison sans doute ! Victor Hugo, Les Contemplations, 1856. TEXTE 2 TEXTE ILLUSTRATIF DE LA POĂSIE DIDACTIQUE. Lorsque Jean de La Fontaine fit paraĂźtre ses fables, il les avait dĂ©diĂ©es au Dauphin le fils aĂźnĂ© du roi. Comme ce dernier Ă©tait encore enfant, beaucoup avaient cru au dĂ©part que ces petits contes anodins Ă©taient puĂ©rils. Pourtant, sous le masque de ces animaux personnifiĂ©s, transparaissent nos travers dont le fabuliste invite Ă se dĂ©partir. Le Lion et le Moucheron » â Va-tâen, chĂ©tif insecte, excrĂ©ment de la terre ! Câest en ces mots que le Lion Parlait un jour au Moucheron. Lâautre lui dĂ©clara la guerre. Pense-tu, lui dit-il, que ton titre de Roi Me fasse peur ni me soucie ? Un boeuf est plus puissant que toi Je le mĂšne Ă ma fantaisie. Ă peine il achevait ces mots Que lui-mĂȘme il sonna la charge, Fut le trompette et le HĂ©ros. Dans lâabord, il se met au large ; Puis prend son temps, fond sur le cou Du Lion quâil rend presque fou. Le quadrupĂšde Ă©cume, et son oeil Ă©tincelle ; Il rugit ; on se cache, on tremble Ă lâenviron ; Et cette alarme universelle Est lâouvrage dâun Moucheron, Un avorton de Mouche en cent lieux le harcĂšle TantĂŽt pique lâĂ©chine, et tantĂŽt le museau, TantĂŽt entre au fond du naseau. La rage se trouve alors Ă son faĂźte montĂ©e. Lâinvisible ennemi triomphe, et rit de voir Quâil nâest griffe ni dent en la bĂȘte irritĂ©e Qui de la mettre en sang ne fasse son devoir. Le malheureux Lion se dĂ©chire lui-mĂȘme, Fait rĂ©sonner sa queue Ă lâentour de ses flancs, Bat lâair qui nâen peut mais ; et sa fureur extrĂȘme Le fatigue, lâabat le voilĂ sur les dents. Lâinsecte du combat se retire avec gloire Comme il sonna la charge, il sonne la victoire, Va partout lâannoncer, et rencontre en chemin Lâembuscade dâune araignĂ©e ; Il y rencontre aussi sa fin. Quelle chose par lĂ nous peut ĂȘtre enseignĂ©e ? Jâen vois deux, dont lâun est quâentre nos ennemis Les plus Ă craindre sont souvent les plus petits ; Lâautre, quâau grand pĂ©ril tel a pu se soustraire, Qui pĂ©rit pour la moindre affaire. Jean de La Fontaine, Fables, Livre II, fable IX, 1668. TEXTE 3 TEXTE ILLUSTRATIF DE LA POĂSIE ENGAGĂE. LâEurope avait voulu montrer Ă lâopinion internationale quâelle Ă©tait lâAMIE AlphabĂ©tisation, MĂ©dicalisation, Industrialisation, ĂvangĂ©lisation de lâAfrique. Dans cet extrait entrecoupĂ©, le poĂšte exprime Ă la fois son esprit contestataire de la colonisation et son Ă©lan solidaire Ă lâendroit de son peuple. Partir. Comme il y des hommes-hyĂšnes et des hommes-panthĂšres, je serai un homme-juif Un homme-cafre Un homme-hindou-de-Calcutta Un homme-de-Harlem-qui-ne-vote-pas Lâhomme-famine, lâhomme-insulte, lâhomme-torture On pouvait Ă nâimporte quel moment Le saisir, le rouer de coups, le tuer -parfaitement le tuer â sans avoir de compte Ă rendre Ă personne sans avoir dâexcuses Ă prĂ©senter Ă personne [âŠ] Partir⊠Je viendrais Ă ce pays mien et je lui dirais Embrassez-moi sans crainte⊠Et si je ne sais que parler, câest pour vous que je parlerai ». Et je lui dirais encore Ma bouche sera la bouche des malheurs qui nâont point de bouche, ma voix, la libertĂ© de celles qui sâaffaissent au cachot du dĂ©sespoir. » Et venant je me dirais Ă moi-mĂȘme Et surtout mon corps aussi bien que mon Ăąme, gardez-vous de vous croiser les bras en lâattitude stĂ©rile du spectateur, car la vie nâest pas un spectacle, car une mer de douleurs nâest pas un proscenium, car un homme qui crie nâest pas un ours qui danse⊠» AimĂ© CĂ©saire, Cahier dâun retour au pays natal, 1939. TEXTE 4 TEXTE ILLUSTRATIF DE LA POĂSIE ESTHĂTIQUE. Ce dernier texte parle de lui-mĂȘme lâauteur est absolument convaincu quâil y a distance, diffĂ©rence, entre un livre et un ouvrage, comme entre le travail du forgeron et celui de lâorfĂšvre, ou tout simplement entre la matiĂšre le fond, la source dâinspiration et la maniĂšre la forme, la conception. Ici, il sâadresse particuliĂšrement aux poĂštes au beau milieu de leur activitĂ© crĂ©atrice. Lâart dâĂ©crire » Quelque sujet quâon traite, ou plaisant, ou sublime, Que toujours le bon sens sâaccorde avec la rime. Mais lorsquâon la nĂ©glige, elle devient rebelle Et pour la rattraper, le sens court aprĂšs elle. Tout doit tendre au bon sens mais pour y parvenir Le chemin est glissant et pĂ©nible Ă tenir ; Pour peu quâon sâen Ă©carte, aussitĂŽt on se noie. La raison pour marcher nâa souvent quâune voie. Ce que lâon conçoit bien sâĂ©nonce clairement, Et les mots pour le dire arrivent aisĂ©ment. Sans la langue, en un mot, lâauteur le plus divin Est toujours, quoi quâil fasse, un mĂ©chant Ă©crivain. Un style si rapide et qui court en rimant Marque moins trop dâesprit que peu de jugement. HĂątez-vous lentement et, sans perdre courage, Vingt fois sur le mĂ©tier remettez votre ouvrage ; Polissez-le sans cesse et le repolissez ; Ajoutez quelquefois, et souvent effacez. Nicolas Boileau, Art poĂ©tique, chant I, V. 27-48, 1674. Issa Laye Diaw
PoÚme Le dernier souvenir, Charles-Marie LECONTE DE LISLE. Poésie Française est à la fois une anthologie de la poésie classique, du moyen-ùge au début du XXÚme siÚcle, et également un espace de visibilité pour l'internaute, amateur éclairé ou professionnel qui désire y publier ses oeuvres à titre gratuit.
Chaque jour de la semaine, le chroniqueur Eric Zemmour sâinvite dans la matinale de Vincent Parizot pour marquer de la pointe de sa plume lâactualitĂ© du jour. "Z comme Zemmour", câest du lundi au vendredi Ă 7h15, sur la premiĂšre radio de France, et quand vous le dĂ©sirez en réécoute sur !
ï»żUnmot hardique les cieuxqui vieillissent AvecĂ©tonnemententendentprononcer, Etqu'osentrĂ©pĂ©terdes lĂšvresqui pĂąlissent Etqui vont se glacer. Vousqui vivezsi peu, pourquoicettepromesse Qu'un Ă©lan d'espĂ©rancearracheĂ votrecoeur, VaindĂ©fi qu'au nĂ©antvous jetez, dans l'ivresse D'un instantde bonheur? Amants, autourde vous une voix inflexible
Quâest-ce quâun motif ? Vous connaissez peut-ĂȘtre dĂ©jĂ le concept, mĂȘme si vous ne le rĂ©alisez pas. Chaque fois que vous entendez un orchestre jouer Le thĂšme de la force » de Star Wars, vous entendez un motif. La rĂ©currence dâun thĂšme ou dâun symbole spĂ©cifique dans une Ćuvre de divertissement contribue Ă renforcer sa structure et Ă donner des indications sur ce que lâĆuvre centrale essaie de dire. Mais quâen est-il des motifs dans la poĂ©sie et la littĂ©rature ? Ă quoi ressemblent-ils ? Sans partition musicale pour mettre un motif en avant, comment les repĂ©rer ? Et lorsque nous les repĂ©rons, quâest-ce que ces motifs nous disent sur lâintention de lâauteur ? IntĂ©ressons-nous Ă lâun des concepts les plus critiques de la crĂ©ativitĂ© le motif. Liens rapides Quâest-ce quâun motif ? Une dĂ©finition de base du motifExemples de motif dans la poĂ©sieExemples de motifs dans la littĂ©ratureMotif vs thĂšme quelle est la diffĂ©rence ?Motif vs symbĂŽle comment les diffĂ©rencier ?Ajouter de la profondeur Ă votre histoire avec des motifs littĂ©raires ou des motifs poĂ©tiques Quâest-ce quâun motif ? Une dĂ©finition de base du motif Dans la poĂ©sie et la littĂ©rature, un motif est une image ou un thĂšme rĂ©currents qui apparaĂźt tout au long de lâĆuvre pour renforcer un sens central plus profond. Cette rĂ©currence est ce qui distingue un motif des autres artifices littĂ©raires. Si lâauteur ne cesse de faire rĂ©fĂ©rence Ă une image, peu importe Ă quel point elle peut sembler nĂ©gligeable pour lâintrigue, il y a de fortes chances que vous vous trouviez devant un sens cachĂ© derriĂšre lâintention de lâauteur. Voyez la nouvelle dâErnest Hemingway, Paradis perdu, par exemple. Alors que deux personnages principaux attendent un train dans une gare, ils parlent de ce qui semble ĂȘtre des sujets innocents. La mĂ©tĂ©o. Ce quâils boiront. Comment les collines prĂšs de leur ville en Espagne ressemblent Ă des Ă©lĂ©phants blancs. Comme Hemingway Ă©tait soucieux dâinstiller le sens plus profond de ses histoires bien loin sous la surface, Ă lâimage de la partie non visible dâun iceberg, le lecteur doit prĂȘter davantage dâattention Ă ce qui est dĂ©crit. Que disent les symboles et les motifs sur ses thĂšmes principaux ? En fait, les deux personnages tournent autour dâun sujet. Ils reviennent Ă plusieurs reprises sur lâimage des collines qui ressemblent Ă des Ă©lĂ©phants blancs, une sĂ©rie dâindices qui suggĂšrent toutes sortes de choses sur les personnages de Hemingway. En faisant basculer lâintrigue de sa nouvelle aprĂšs lâune de ces diversions conversationnelles, les collines, Hemingway utilise un motif qui nous oblige Ă observer les choses avec plus dâattention. Quâest-ce que ces personnages impliquent ? Que disent-ils vraiment ? IntĂ©ressons-nous Ă quelques exemples de motifs cĂ©lĂšbres pour expliquer le fonctionnement de cet artifice littĂ©raire. Gatsby le Magnifique et la LumiĂšre verte Dans Gatsby le Magnifique, le narrateur Nick Carraway remarque que, parfois, Gatsby observe ardemment une lumiĂšre verte au loin, sur un quai de lâautre cĂŽtĂ© de la baie. Cette lumiĂšre verte sâavĂšre ĂȘtre la lumiĂšre qui Ă©claire lâextrĂ©mitĂ© du quai de Daisy Buchanan, lâobjet de lâamour de Gatsby. Mais ce nâest pas tout. Ă la fin du livre, lâauteur F. Scott Fitzgerald revient sur le motif Gatsby croyait en la lumiĂšre verte, en lâavenir orgastique qui, dâannĂ©e en annĂ©e, recule devant nous. Il nous a Ă©chappĂ© cette fois ? Peu importe⊠Demain, nous courrons plus vite, nous tendrons les bras plus loin⊠. . La lumiĂšre verte » nâest clairement plus quâune lumiĂšre verte. Sa rĂ©currence dans la vie de Gatsby suggĂšre un symbolisme plus profond. Pour Gatsby, et le public, la lumiĂšre verte Ă©tait lâespoir brillant des annĂ©es 1920, le futur quâil sâimaginait avec une femme quâil ne pouvait pas avoir Ă ses cĂŽtĂ©s, la fausse lumiĂšre de la vie quâil ne pouvait pas simuler. Mais ce nâest que mon interprĂ©tation. La beautĂ© de ce motif rĂ©side dans le fait que Fitzgerald conclut sur ces quelques lignes au sujet de la lumiĂšre verte, ce qui oblige le lecteur Ă rĂ©flĂ©chir sur le sens de lâhistoire entiĂšre. Le motif de Cendrillon Tous les motifs ne doivent pas ĂȘtre entiĂšrement originaux. Certaines histoires jouent sur des motifs classiques des thĂšmes rĂ©pĂ©tĂ©s qui se retrouvent dans lâart depuis des siĂšcles. Cela rejoint lâidĂ©e de lâarchĂ©type un thĂšme ou un personnage commun qui Ă©volue dans la littĂ©rature. Lâun de ces motifs les plus cĂ©lĂšbres est celui de Cendrillon. LâidĂ©e est simple quelquâun qui est dĂ©nuĂ© de chance est poussĂ© hors de lâobscuritĂ© et a la chance de prouver que sa place se trouve au sommet. Câest le motif central de Rocky, quand Rocky Balboa veut seulement prouver quâil peut aller de lâavant » aux cĂŽtĂ©s des plus grands combattants du monde. Câest le thĂšme central de Princesse malgrĂ© elle. MĂȘme John Goodman dans King Ralph vit lâhistoire classique de Cendrillon. LumiĂšre et obscuritĂ© Creusons un peu plus encore. Et si un motif rĂ©current nâavait pas la forme dâune histoire, mais Ă©tait plutĂŽt un thĂšme commun vers lequel les auteurs reviennent constamment ? Le symbolisme comme celui de la lumiĂšre et de lâobscuritĂ© a servi de motif au fil des siĂšcles. Pour Romeo, par exemple, Juliette est le soleil » un objet stellaire qui apporte chaleur et lumiĂšre. Le motif est clair. Ou pensez Ă la peinture de Saint Jean Baptiste de LĂ©onard de Vinci, une peinture dont la seule source de lumiĂšre est le saint lui-mĂȘme. Il se sert de la peinture Ă lâhuile pour reprĂ©senter visuellement Saint-Jean comme la voix de celui qui crie dans le dĂ©sert ». Le voyage » et la façon dont il nous change est un autre motif commun. Pensez aux Voyages de Gulliver, par exemple, ou encore Ă lâhistoire antique de lâOdyssĂ©e. Continuez Ă chercher et vous commencerez Ă voir des motifs partout. Et ce nâest pas une mauvaise chose. Utiliser un archĂ©type pour crĂ©er une histoire percutante Raconter des histoires profondĂ©ment Ă©mouvantes avec le pouvoir magique des archĂ©types Exemples de motif dans la poĂ©sie Lâutilisation du langage stylisĂ© dans la poĂ©sie crĂ©e une version plus musicale de lâĂ©criture. La poĂ©sie est donc un lieu naturel oĂč exprimer un motif. Voici quelques exemples classiques La terre vaine de Eliot Avril est le plus cruel des mois, qui fait sortirLe lilas de la terre morte, mĂ©langeDĂ©sir et souvenir, et troubleLes racines inertes par ses pluies de printemps. Ainsi commence le cĂ©lĂšbre poĂšme de Eliot, La terre vaine. Notez lĂ oĂč le passage se termine sur lâimage de la pluie printaniĂšre. Lâeau et la renaissance sont des motifs communs dans le poĂšme. En effet, Eliot poursuit Ici point dâeau mais seulement du rocherDu rocher et point dâeau et la route sablonneuseLa route en lacets qui monte dans les montagnesQui sont des montagnes de rocher sans eau Lâeau, lâeau et encore lâeau ou son absence est un motif poĂ©tique si commun que le lecteur est obligĂ© de se poser des questions. Quâest-ce que cela veut dire ? Comment lâutilisation changeante de lâeau tout au long du poĂšme approfondit ce que souhaite dire Eliot ? Comment je tâaime ? dâElizabeth Barret Browning Il sâagit peut-ĂȘtre du poĂšme romantique le plus cĂ©lĂšbre de tous les temps Comment je tâaime ? Laisse-moi tâen compter les tâaime du trĂ©fonds, de lâampleur et de la cimeDe mon Ăąme, lorsque, invisible, elle aspire Browning dĂ©peint lâamour avec une ferveur religieuse, en utilisant des motifs comme lâĂąme, la foi et les saints perdus pour conclure par Si Dieu le veut, je ne tâaimerai que mieux aprĂšs la mort. » Pour lâorateur, lâamour nâest pas seulement une liste dâĂ©picerie Ă Ă©numĂ©rer. Le motif rĂ©current suggĂšre une passion profonde, qui touche lâĂąme, aussi fervente que la foi dâun croyant en Dieu. La complainte du vieux marin de Samuel Taylor Coleridge Lâeau, lâeau Ă©tait partout,et toutes les planches du bord se lâeau Ă©tait partout,et nous nâavions pas une goutte dâeau Ă boire. Lâeau est un Ă©lĂ©ment essentiel Ă la survie humaine. Pour Samuel Taylor Coleridge dans La complainte du vieux marin, lâeau prend Ă©galement un sens ironique. Le personnage principal est entourĂ© dâeau, mais il sâagit dâeau salĂ©e et lâisolement quâelle provoque reprĂ©sente une menace. Dâautres images, comme celles des serpents dâeau », aident Coleridge Ă empoisonner le motif de lâeau. Je sais pourquoi lâoiseau en cage chante de Maya Angelou Lâoiseau en cage chante avec un trĂ©molo de peur des choses inconnues mais espĂ©rĂ©es encore et sa mĂ©lodie se fait entendre sur la colline lointaine parce que lâoiseau en cage chante la libertĂ©. Cette section de Je sais pourquoi lâoiseau en cage chante de Maya Angelou nâapparaĂźt pas une fois, mais deux fois, la rĂ©pĂ©tition survenant Ă la suite dâautres vers. En crĂ©ant un contraste entre le symbole dâun oiseau en cage et celui dâun oiseau libre dans ses vers, Maya Angelou revient vers un motif plus familier aux humains que celui des oiseaux chanter la libertĂ©. Ce faisant, elle utilise Ă la fois la mĂ©taphore et le motif pour parler de la situation dâoppression des femmes, des minoritĂ©s, des opprimĂ©s et des personnes en cage. DâaprĂšs ce que nous savons, les oiseaux ne chantent pas la libertĂ©, mais nous connaissons une espĂšce qui comprend la libertĂ© et qui la dĂ©sire. Exemples de motifs dans la littĂ©rature Les canards dans LâAttrape-cĆurs Dans LâAttrape-cĆurs, Salinger filtre la voix cynique de son protagoniste, Holden Caulfield, ce qui fait ressortir le sens que Salinger souhaite vĂ©hiculer au travers de motifs. Lâune des plus cĂ©lĂšbres dâentre eux est celui des canards. Caulfield est un Ă©tranger, il est donc naturel quâil gravite autour des canards de Central Park, mĂȘme lorsquâil parle aux autres. Il est fascinĂ© par la façon dont les canards doivent migrer en hiver et ce que cela signifie en matiĂšre de survie lors de circonstances troublantes. Seul, il pourrait sâagit dâun symbole, plutĂŽt que dâun motif. Or, lâobsession persistante de Caulfield envers ces canards laisse entrevoir un thĂšme plus grand. Vous et moi ne pensons peut-ĂȘtre pas que les canards sont si fascinants, mais la fascination morbide de Caulfield est un motif qui exprime Ă la fois le personnage et le thĂšme. La fleuve Congo dans Au cĆur des tĂ©nĂšbres Ă premiĂšre vue, le voyage de Marlow sur le fleuve Congo dans la roman Au cĆur des tĂ©nĂšbres de Joseph Conrad est tout simplement un Ă©lĂ©ment dâintrigue. Marlow essaie dâatteindre Kurtz, et la seule façon dây arriver est de remonter le fleuve. Or, Conrad transforme Ă©galement la riviĂšre en un motif dâexploration, qui consiste Ă confronter le monde intĂ©rieur. Comment savons-nous que câest un motif ? La relation changeante de Marlow avec le fleuve laisse entendre cette signification plus profonde. Au dĂ©but, lâimage du fleuve sur une carte fascine Marlow. Puis, lorsque son bateau coule dans le fleuve et quâil doit prendre le temps de le rĂ©parer, le fleuve le frustre. Ce nâest que lorsque le brouillard se lĂšve sur le fleuve, un symbole en soi, que Marlow dĂ©couvre enfin Kurtz. Motif vs thĂšme quelle est la diffĂ©rence ? Le thĂšme dâune Ćuvre de littĂ©rature peut Ă©galement ĂȘtre un Ă©lĂ©ment qui se rĂ©pĂšte tout au long de lâhistoire. Alors, quâest-ce qui sĂ©pare un thĂšme dâun motif ? Pensez au thĂšme comme lâintention de lâauteur, tandis que le motif est la technique dâĂ©criture par laquelle lâauteur exprime cette signification plus profonde. Par exemple, Au cĆur des tĂ©nĂšbres a un thĂšme clair, celui de lâexploration des parties intĂ©rieures et sombres de lâĂąme. Pourtant, le motif du fleuve sert de technique symbolique pour exprimer la perception changeante de Marlow envers son voyage de dĂ©couverte de soi. Dans certains cas, vous pouvez utiliser le motif et le thĂšme de maniĂšre interchangeable. Vous trouverez des partitions de films modernes regorgeant de motifs que les compositeurs appellent des thĂšmes, et vice versa. Nous reconnaissons les cĂ©lĂšbres morceaux dâIndiana Jones ou de Retour vers le futur et nous nous remĂ©morons instantanĂ©ment les images dâune aventure passionnante. Lorsque Yoda apparaĂźt dans LâEmpire contre-attaque, un nouveau motif se fait entendre, Le thĂšme de Yoda ». Cela renvoie au concept de leitmotif dans lâopĂ©ra un petit thĂšme musical qui accompagne gĂ©nĂ©ralement un symbole ou un personnage spĂ©cifique. Câest une pratique toujours bien utilisĂ©e en musique. Ainsi, dans le monde non acadĂ©mique, personne ne vous rĂ©primandera si vous mĂ©langez les motifs avec les thĂšmes. Motif vs symbĂŽle comment les diffĂ©rencier ? Disons que vous insĂ©rez un peu de symbolisme dans votre histoire. Vous donnez Ă votre personnage principal, un enfant, une poupĂ©e qui symbolise son innocence. Comment ce symbole passe-t-il dâune simple technique unique Ă un motif ? Câest simple la rĂ©pĂ©tition. Si votre personnage revient parfois vers cette poupĂ©e et la voit de diffĂ©rentes façons, la poupĂ©e peut alors reprĂ©senter un motif qui reflĂšte lâĂ©volution de la personnalitĂ© de votre personnage. Peut-ĂȘtre quâĂ la fin de lâhistoire, votre personnage a grandi et vend la poupĂ©e quâil a tant aimĂ©e. La poupĂ©e est un symbole, bien sĂ»r, mais vous avez maintenant construit un motif complet tout au long de lâhistoire. Comme la riviĂšre dans Au cĆur des tĂ©nĂšbres, un motif peut changer avec votre personnage. En effet, vous pouvez utiliser un motif pour suggĂ©rer ces changements. Le fleuve Congo fascine Marlow au dĂ©but, mais plus tard, il le frustre. Pensez aux symboles que vous utilisez dans votre propre travail. Sont-ils statiques ? Dans ce cas, il sâagit probablement de symboles. Sâils vont et viennent et reviennent sous forme de thĂšme, il y a une chance que vous ayez créé un motif. Câest la rĂ©pĂ©tition de ce symbole, ou du thĂšme, qui intĂšgre le motif dans votre histoire. Ajouter de la profondeur Ă votre histoire avec des motifs littĂ©raires ou des motifs poĂ©tiques Construire votre motif peut ĂȘtre lâun des travaux les plus importants que vous ferez en tant quâĂ©crivain. Câest le motif qui guidera votre lecteur dans les profondeurs cachĂ©es de votre travail. Une fois quâil aura fait le tour de votre intrigue, il devra sâinterroger sur les sens plus profonds que vous avez voulu vĂ©hiculer. Sans motif, votre lecteur ne peut pas se fonder sur grand chose. Ajoutez un indice et cela changera. Ce sont ces profondeurs cachĂ©es qui rendent votre travail plus intĂ©ressant, comme lorsque vous assemblez les piĂšces dâun puzzle. Trouver des idĂ©es de motifs et dâhistoires La boĂźte Ă outils crĂ©ative 6 techniques pour trouver des idĂ©es originales
Unjour aprÚs la vie - Maßtre objet. Collection Poésie/Gallimard (n° 223), Gallimard. Parution : 02-02-1988. «Je publie des poÚmes depuis quarante ans. Ils correspondent à un besoin que, loin des métaphysiques, je dois qualifier de corporel. Les sens, les nerfs et l'illusion de me libérer de ma peau y participent.
Ă lâoccasion du Mois de la poĂ©sie, Le Devoir, avec la complicitĂ© du Bureau des affaires poĂ©tiques, donne Ă lire un poĂšme chaque semaine. TroisiĂšme de cinq. Sâaffronter ensemble En vrai, on vit sa vie, partout pas seul du tout. Qui est bien, qui a mal, qui nâeut rien, qui eut tout, On nâĂ©carte pas lâautre aussi loin quâon se semble, On se cĂŽtoie, moi, toi, Ă sâaffronter ensemble. ou gars dâshop, ses enfants, sa femme et Le vendeur infĂąme et lâacheteur affamĂ©, Quâexistent en nos mĆurs ces rĂŽles qui fourmillent, Tant dâactrices, dâacteurs, je vois quâune famille. Quâun persiste en contrĂŽle et lâautre ait peur ou prie, Tâsais, quand câest triste, on pleure, et quand câest drĂŽle, on rit, Quand câest chaud, on se brĂ»le, et si câest froid, on gĂšle, Pis ça fait toujours mal quand câque câest toi quâon gĂšle. La Terre est un village et pour ce quâon en sait, Partout, ça sait penser, manger, boire, danser, Et le gros bon sens, câest que la vie nous surprend, Partout on donne, on prend, et surtout on apprend. On a terre, eau, ciel, feu, et quâĂ cela ne tienne, Tu es nu Ă ma porte, et moi, nu Ă la tienne. Dans ce monde un peu fou, tu tây perds, tu tây trouves ; Tout est un, ça, câest sĂ»r ; nul nây perd, si tu tâouvres. MalgrĂ© lâSoi sacrĂ© roi et le Nous massacrĂ©, Câest pus lâtemps dâchialer ni dâsacrer, câest lâtemps quâça crĂ©e. Lâauteur Carl Bessette est Ă©crivain et Ă©diteur des Ăditions de lâĂcrou. Il termine son prochain livre, Load, une histoire de lâInternet. Son poĂšme Sâaffronter ensemble est Ă©tudiĂ© au niveau collĂ©gial depuis plusieurs annĂ©es. Ă voir en vidĂ©o
Prendtoujours la vie dans le bon sens et avance Pensée d'Hamidou Saye sur Vie. Une citation au hasard ? >> Prend toujours la vie dans le bon sens et avance sans autres formes de procÚs. Citation d'internaute. Hamidou Saye. Historien, Geographe, Journaliste, Lecture, Mali, Mopti, 1986 Vous aussi, créez votre propre citation ! Vous avez inventé une citation et souhaitez la publier
Nous ramons tous Ă chercher Une solution parfaite au problĂšme Du sens de la vie, Du sens de lâexistence, Du sens de toute chose qui compte, Nous la cherchons dâailleurs Dans tous les sens, Ă droite, Ă gauche, Devant, derriĂšre, En haut, en bas, Au centre, et ailleurs, Mais nous nâavons aucune chance De la trouver en dehors De notre imperfection, Et par lĂ mĂȘme, Elle nâest ni solution, ni parfaite. Quand au sens lui-mĂȘme de la vie, De lâexistence, De toute chose qui vient au monde, Il est insensĂ© de penser Quâil puisse exister !
IliasVénézis (1904-1973), Le Matricule 31328 (1931) Ap Ús La Vie dans la tombe de Statis My ivilis, ui témoigne de la gue e des tanchées, Le Matricule 31328 a pou thÚme la vie des su vivants dans les camps de détention tu cs pendant la G ande atast ophe. Ilias Vénézis est né en Asie Mineu e. En à Ô ß ß, pendant la gue e g éco-tu
Je ne me rends pas toujours compte que câest une grĂące que dâĂȘtre en vie. Je ne me rends pas toujours compte que la vie mâa Ă©tĂ© donnĂ©e gratuitement. Je ne me rends pas toujours compte que donner, en accord avec soi-mĂȘme, câest aller dans le sens de la vie. Le soir, lorsque je suis couchĂ© dans mon lit, que je respire profondĂ©ment et que jâentends mon cĆur battre, je me dis que mĂȘme si la vie est puissance, elle ne tient quâĂ un fil, que la vie est fragile. Plus je suis Ă lâĂ©coute, plus je ressens, plus je considĂšre tout ce qui mâarrive comme Ă©tant important. Ainsi, ma maniĂšre de voir change. Je ne vois plus de la mĂȘme façon. Je rĂ©apprends Ă voir, je rĂ©apprends Ă vivre. La fonction de mon regard change. Je sens que tout devient important. Tout devient important Ă chaque moment. Quand je vais choisir les fruits et lĂ©gumes au marchĂ©, quand je marche sur le trottoir, quand je souris Ă un enfant, quand je rĂ©pare une crevaison, quand jâattends quelquâun, je ressens quâil nây a rien de meilleur. Je considĂšre quâil nây a rien de meilleur que ce qui mâarrive peu importe ce qui mâarrive. La vie revĂȘt un caractĂšre sacrĂ©. Je me suis rendu compte que mĂȘme si je pouvais penser, dĂ©cider et agir, je ne suis pas le maĂźtre de ma vie mais que la Vie est ma maĂźtresse. Et je ne suis pas lĂ que pour en profiter. Je la remercie et, le plus souvent possible, je suis Ă son service, Ă son Ă©coute. JâĂ©coute les signes quâelle me prĂ©sente au quotidien et jâessaie de voir comment je me sens dans chacune des situations, en les vivant pleinement. Il nây a pas de situation idĂ©ale; il nây a que ce qui nous arrive. Je considĂšre ce qui mâarrive comme Ă©tant prĂ©cieux. Je me considĂšre chanceux dâĂȘtre en vie et de pouvoir vivre. Ă simplement dire cela, je me sens plus lĂ©ger. Je me sens devant de multiples possibilitĂ©s, je me sens plus ouvert. Je sens que la vie est belle et gĂ©nĂ©reuse, quâil nous suffit seulement dâĂȘtre prĂ©sent et Ă lâĂ©coute pour lâapprĂ©cier et de toujours aller dans son sens. Je me rends compte que tout est dans la façon dont jâaborde ce qui mâarrive. Qui suis-je pour dĂ©cider ce qui doit mâarriver ? Qui suis-je pour me prendre pour le grand juge, le commentateur et le critique de premier plan ? Certes, je ne suis pas lĂ pour cesser de souhaiter rĂ©aliser des projets ou entreprendre des actions. Qui suis-je donc, pour vouloir tout contrĂŽler, surtout la tournure des Ă©vĂ©nements ? La vie commence maintenant. La vie est belle. La vie est pleine de possibilitĂ©s. La plus grande possibilitĂ©, câest ce que nous sommes maintenant, peu importe ce que nous faisons, ce que nous avons, ce que nous reprĂ©sentons, peu importe notre situation ou les problĂšmes qui nous accablent. Ce qui est merveilleux Ă constater, câest quâĂ nâimporte quel des moments de notre vie, nous sommes, tout simplement. Malheureusement, nous lâoublions souvent. La vie nous a Ă©tĂ© donnĂ©e et comme disait Nietzsche dans sa jeunesse Le monde te prend tel que tu te donnes. » JANVIER 2006
2529 Likes, 74 Comments - Soline Bourdeverre-Veyssiere (@solineseveiller) on Instagram: âPrends la vie dans le bon sens Je suis un gros nul Personne nâose penser que Je suis capableâ Soline Bourdeverre-Veyssiere on Instagram: âPrends la vie dans le bon sens Je suis un gros nul Personne nâose penser que Je suis capable dâaccomplir de grandes choses Je saisâ
De cette terre qui saitUn Ă©clair jailliraDans le soir naissant SĂŽseki, 1867-1916âŻïžNotre vĂ©ritable hĂ©ritageLe cosmos est rempli de joyaux prĂ©cieux. Je veux vous en offrir une poignĂ©e ce matin. Chaque moment que tu vis est un joyau, qui resplendit et contient la Terre et le ciel, l'eau et les nuages. Il a besoin de toi pour respirer avec douceurpour que les miracles apparaissent. Soudain, tu entends les oiseaux chanter, les pins psalmodier, tu vois les fleurs s'Ă©panouir, le ciel bleu, les nuages blancs, le sourire et le regard merveilleuxde ton aimĂ©e. Toi, la personne la plus riche de la Terre, qui a mendiĂ© partout pour vivre, cesse d'ĂȘtre l'enfant pauvre. Reviens et rĂ©clame ton devons profiter de notre bonheur et l'offrir Ă chacun. ApprĂ©cie cet instant mĂȘme. Laisse se dĂ©verser le torrent du dĂ©sespoir, et prends la vie Ă bras le corps.Thich Nhat Hanh, Une flĂšche, deux illusions, 1990âŻïž ElĂ©vationAu-dessus des Ă©tangs, au dessus des vallĂ©es, Des montagnes, des bois, des nuages, des mers, Par delĂ le soleil, par delĂ les Ă©thers, Par delĂ les confins des sphĂšres Ă©toilĂ©es, Mon esprit tu te meus avec agilitĂ©, Et, comme un bon nageur qui se pĂąme dans l'onde, Tu sillonnes gaiment l'immensitĂ© profondeAvec une indicible et mĂąle voluptĂ©. Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides; Va te purifier dans l'air supĂ©rieur, Et bois, comme une pure et divine liqueur, Le feu clair qui remplit les espaces les ennuis et les vastes chagrinsQui chargent de leur poids l'existence brumeuse, Heureux celui peut d'une aile vigoureuse,S'Ă©lancer vers les champs lumineux et sereins;Celui dont les pensers, comme des alouettes, Vers les cieux le matin prennent un libre essor, - Qui plane sur la vie et comprend sans effortLe langage des fleurs et des choses muettes!Charles Baudelaire, Les fleurs du mal, 1861âŻïž ContinuitĂ©sRien ne se perd rĂ©ellement ou ne peut se perdre jamais, Ni naissance, identitĂ©, forme - aucun objet de ce monde,Ni vie, ni force, ni aucune chose visible; Les apparences ne doivent pas t'Ă©garer, ni sphĂšre changĂ©e confondre ton cerveauAmples sont le Temps et l'Espace, vastes les champs de la Nature. Le corps, paresseux, froid, vieux - les braises laissĂ©es depuis de lointains feuxLa lumiĂšre s'affaiblissant dans les yeux, resplendit Ă nouveau, nĂ©cessairementLe soleil maintenant bas Ă l'occident se lĂšve pour de nouveaux matins, nouveaux midisSur les mottes gelĂ©es toujours revient l'invisible loi du printemps. Avec l'herbe et les fleurs, les fruits d'Ă©tĂ© et le grain. Walt Whitman, Feuilles d'herbe, 1855âŻïž Le ciel subsiste et la terre dure,Pourquoi le ciel subsiste-t-il et la terre dure-t-elle ? Parce qu'ils ne vivent pas pour qui les fait durer.Lao-Tseu, Tao-tö king, VIII, 5e siĂšcle av. JCâŻïžTu es la figure changeantequi toujours solitaire Ă©merge du destin, que nulle joie ni nulle plainte n'accompagnentet que personne, forĂȘt vierge, ne foula. Tu es le sens profond des chosesqui tait le dernier mot de son ĂȘtre essentielet toujours autre aux autres se montreterre pour le navire, navire pour la terre. Rainer Maria Rilke, Le livre d'Heures, 1905âŻïž J'aime les heures sombres de mon ĂȘtreoĂč s'approfondissent mes sens; j'ai trouvĂ© en elles, comme en de vieilles lettres, mon quotidien dĂ©jĂ vĂ©cu, vaste et surmontĂ©, comme une lĂ©gende. Elles m'apprennent que je possĂšdel'espace suffisant pour une vie secondeet large et hors du temps. Et parfois je suis comme l'arbrequi, mĂ»r et bruissant, accomplit sur la tombele rĂȘve que l'enfant d'autrefoisque ses chaudes racines enserrentperdit dans les tristesses et les chants. Rainer Maria Rilke, Le livre d'Heures, 1905 CorrespondancesLa Nature est un temple oĂč de vivants piliersLaissent parfois sortir de confuses paroles;L'homme y passe Ă travers des forĂȘts de symbolesQui l'observent avec des regards de long Ă©chos qui de loin se confondentDans une tĂ©nĂ©breuse et profonde unitĂ©, Vaste comme la nuit et comme la clartĂ©,Les parfums, les couleurs et les sons se rĂ©pondent. Il est des parfums si frais comme des chairs d'enfants,Doux comme les hautbois, verts comme les prairies, - Et d'autres, corrompus, riche et triomphants,Ayant l'expansion des choses infinies, Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens, Qui chantent les transports de l'esprit et des sens.Charles Baudelaire, Les fleurs du mal, 1861âŻïžL'EauPar la grĂące de l'eau Nous sommes nĂ©s Ă la terre De sources en ruisseaux De riviĂšres en fleuves De cascades en ocĂ©ans Surpeuplant tous les sols Au risque de naufrages Issus de l'eau remuante Nous subissons mĂȘmes vagues MĂȘmes houles mĂȘmes remous MĂȘmes Ă©cumes mĂȘmes dĂ©luges Jusqu'Ă mortelle sĂ©cheresse En dĂ©sertant le temps BĂątis d'eau d'Ă©toiles Et d'une Ă©trange chimie VouĂ©s aux mutations Fluides ou marĂ©cageuses Voguant entre des berges Ou bien Ă la dĂ©rive Nous sommes les Ă©phĂ©mĂšres Nous sommes les permanents. AndrĂ©e Chedid, Rythmes, 2003âŻïžAu reversTandis que les graines s'enfiĂšvrentAu creux des solsTandis que les sĂšves s'Ă©meuventAu coeur des arbresL'orage racla nos mursFureurs sĂ©vices se dĂ©chaĂźnĂšrentOn parla hainesOn outrageaOn versa sangMais une fois de plusAu revers de l'atroceAu trĂ©fonds de l'obscurS'Ă©chafaudaitL'opiniĂątre printemps. AndrĂ©e Chedid, Rythmes, 2003âŻïžLa bonne nouvelleLa bonne nouvelle, ils ne la publient pas. La bonne nouvelle, nous la avons Ă chaque instant une Ă©dition spĂ©ciale, et nous avons besoin de vous pour la nouvelle, c'est que tu es vivant, que le tilleul est toujours lĂ , debout, solide dans la rigueur de l'hiver. La bonne nouvelle, c'est que tu as des yeux magnifiques pour toucher le ciel bonne nouvelle, c'est que ton enfant est lĂ devant toi, et que tes bras sont disponibless'embrasser est possible. Ils ne publient que le mensonge. Regarde chacune de nos Ă©ditions spĂ©ciales. Nous n'offrons que des choses vraies. Nous voulons que tu en profiteset nous aides Ă les protĂ©ger. Le pissenlit est lĂ prĂšs du trottoir, souriant merveilleusement, chantant l'Ă©ternitĂ©. Ecoute ! tu as des oreilles qui peuvent entendre. Baisse la tĂȘte. derniĂšre le monde des peins, des soucis, et sois libre. La derniĂšre bonne nouvelle, c'est que tu en es capable. Thich Nhat Hanh, Une flĂšche, deux illusions, 1992âŻïž"En chinois, il existe une expression qui dĂ©crit cet Ă©tat oĂč, vers le soir, ou dans la nuit par exemple, la nature semble se recueillir en silence. L'expression possĂšde deux versions Wan-nai-wu-sheng, "Les dix mille sons se font silence", et Wan-nai-you-sheng, "Les dix mille sons se font entendre". Ces deux versions apparemment opposĂ©es signifient Ă l'oreille d'un Chinois la mĂȘme chose. Lorsque le silence se fait, c'est alors qu'on entend chaque son en son essence. Apprenons donc Ă ne pas nous Ă©tourdir de paroles vaines Ă longueur de jour, Ă ne pas cĂ©der au bruit du monde. Apprenons Ă entendre la basse continue ponctuant le chant natif qui est en nous, qui gĂźt au trĂ©fonds de l'Ăąme. De l'Ăąme, Sept lettres Ă une amie, François Cheng, 2016, p. 94.âŻïžClownUn jour, Un jour bientĂŽt jour jâarracherai lâancre qui tient mon navire loin des la sorte de courage quâil faut pour ĂȘtre rien et rien que rien, je lĂącherai ce qui paraissait mâĂȘtre indissolublement le trancherai, je le renverserai, je le romprai, je le ferai coup dĂ©gorgeant ma misĂ©rable pudeur, mes misĂ©rables combinaisons et enchaĂźnement de fil en aiguille ».VidĂ© de lâabcĂšs dâĂȘtre quelquâun, je boirai Ă nouveau lâespace coup de ridicules, de dĂ©chĂ©ances quâest-ce que la dĂ©chĂ©ance ?, par Ă©clatement, par vide, par une totale dissipation-dĂ©rision-purgation,pulserai de moi la forme quâon croyait si bien attachĂ©e, composĂ©e, coordonnĂ©e, assortie Ă mon entourage et Ă mes semblables, si dignes, si dignes, mes Ă une humilitĂ© de catastrophe, Ă un nivellement parfait comme aprĂšs une intense au-dessous de toute mesure Ă mon rang rĂ©el, au rang infime que je ne sais quelle idĂ©e-ambition mâavait fait quant Ă la hauteur, quant Ă lâ en un endroit lointain ou mĂȘme pas, sans nom, sans abattant dans la risĂ©e, dans le grotesque, dans lâesclaffement, le sens que contre toute lumiĂšre je mâĂ©tais fait de mon bourse dans lâinfini-esprit sous-jacent ouvertĂ tousouvert Ă moi-mĂȘme Ă une nouvelle et incroyable rosĂ©eĂ force dâĂȘtre nulet rasâŠet risibleâŠHenri MICHAUX, Peintures » 1939, in Lâespace du dedans, 1966SensationPar les soirs bleus dâĂ©tĂ©, jâirai dans les sentiers,PicotĂ© par les blĂ©s, fouler lâherbe menue RĂȘveur, jâen sentirai la fraĂźcheur Ă mes laisserai le vent baigner ma tĂȘte ne parlerai pas, je ne penserai rien Mais lâamour infini me montera dans lâĂąme,Et jâirai loin, bien loin, comme un bohĂ©mien,Par la Nature, â heureux comme avec une 1870Arthur Rimbaud, PoĂ©sies, 1895
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